Bruxelles, 30/01/2013 (Agence Europe) - Les syndicats des fonctionnaires du Conseil de l'UE ont déposé un préavis de grève pour le 5 février, car ils redoutent que la rubrique dépenses administratives des institutions communautaires ne fasse les frais des décisions du Conseil européen sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020.
Les trois syndicats (Fédération de la Fonction publique européenne, Renouveau démocratie Conseil et Union syndicale) dénoncent la volonté affichée par certains dirigeants de l'UE de réaliser des économies allant jusqu'à 15 milliards d'euros dans l'enveloppe consacrée aux dépenses de fonctionnement des institutions de l'UE. Dans la proposition de compromis de novembre (au Conseil européen), le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, avait proposé de réduire, comparé à la proposition initiale de la Commission, de 500 millions d'euros (de 63,1 à 62,6 milliards d'euros au total sur la période 2014-2020) l'enveloppe allouée aux dépenses de fonctionnement - salaires, retraites et frais immobilier - des institutions européennes.
Felix Geradon, secrétaire général adjoint au sein de l'Union syndicale (Bruxelles), a expliqué à EUROPE que notamment le Premier ministre britannique, David Cameron, « veut réduire de 30 milliards d'euros de plus le projet sur la table en novembre de M. Van Rompuy ». Comme les autres volets du budget sont farouchement défendus par certains pays (la France notamment ne veut pas que l'on touche davantage aux dépenses agricoles, les pays nordiques veulent maintenir l'enveloppe des dépenses consacrées à la compétitivité et les pays du sud et nouveaux États membres ne veulent pas sacrifier la politique de cohésion), « tout le monde semble d'accord pour dire que l'on doit réduire les dépenses administratives ». Or, selon M. Geradon, celles-ci sont « déjà très faibles par rapport à ce qui existe dans les administrations nationales ». La Commission table sur une réforme du statut de la fonction publique européenne apportant un milliard d'économies sur la période 2014-2020 (plus 1 milliard par an à long terme, comme le recrutement de secrétaires avec 25% de salaires en moins). Donc, cela fait 1,5 milliard de moins en comptant la dernière proposition de M. Van Rompuy. Des réductions supplémentaires entraîneraient selon les syndicats la paralysie des institutions communautaires.
Plusieurs autres actions sont annoncées, dont un autre préavis de grève pour la période du 11 février au 3 mars. Des syndicats de la Commission et du Parlement devraient apporter leur appui au mouvement. (LC)