Bruxelles, 30/01/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères, réunis en Conseil ce jeudi 31 janvier, vont discuter de la situation en Syrie et sûrement des sanctions infligées au pays. Mais aucune décision n'est à attendre concernant l'embargo sur les armes, que ce soit son maintien ou sa levée. « Personne n'attend une décision d'ici demain (ce jeudi), cela prend du temps et il y a encore une très grande divergence de vues entre les États membres », a expliqué le 30 une source européenne, précisant que la question pourrait être discutée lors du Conseil européen des 7 et 8 février et du Conseil du 18, lors duquel sera présent l'Envoyé spécial pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, le 18 février. La source européenne a aussi indiqué que si rien n'est décidé avant la fin des sanctions, le 1er mars, celles-ci tombent. « Je ne pense pas que c'est ce que l'on veut », a-t-elle ajouté. La France et le Royaume-Uni plaident pour une levée au moins partielle de l'embargo, tout en reconnaissant qu'il faut faire attention et s'entourer des garanties nécessaires mais d'autres pays sont plus méfiants.
L'UE discute actuellement au niveau des groupes de travail, a expliqué cette source, ajoutant que « jusqu'à présent, nous n'avons pas tenu compte des aspects politiques mais plutôt des aspects techniques ». De nombreuses questions se posent: supprimer l'embargo de manière générale ou affinée, car si l'embargo est levé, des armes pourront être livrées au régime d'Assad. « Ce n'est pas ce que veulent les promoteurs de l'idée (de lever l'embargo) », a précisé cette source, soulignant que le texte actuel concerne toutes les armes à destination de la Syrie. Se pose donc la question de la possibilité de faire la distinction entre régime et opposition et qui au sein de l'opposition, le texte juridique le permet-il, est-il possible de lever l'embargo pour une partie du territoire seulement, la question de l'équipement létal et non létal, s'interroge cette source. Elle a précisé qu'à travers ces question se pose celle du message politique que l'UE veut envoyer, alors que M. Brahimi a appelé à arrêter toute livraison d'armes à destination de la Syrie.
Brahimi appelle le Conseil de sécurité de l'ONU à agir
Par ailleurs, M. Brahimi, a appelé, le 29 janvier, les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies à agir d'urgence sur la Syrie. S'exprimant à huit clos devant lui, M. Brahimi aurait précisé que le Conseil « ne peut pas se contenter de dire nous sommes divisés, attendons des jours meilleurs. Il doit se saisir de ce problème maintenant » et l'aurait appelé à « exercer un peu plus de pression » sur les belligérants. Il aurait ajouté que la Syrie est en train d'être détruite petit à petit et souligné le « niveau d'horreur sans précédent » dans les violences. (CG)