Bruxelles, 30/01/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a interdit, mercredi 30 janvier, le projet d'acquisition de l'entreprise néerlandaise de distribution express de courrier et de petit colis TNT Express par son concurrent américain UPS. Son enquête a montré qu'en réduisant de quatre à trois, voire même à deux (DHL et UPS), dans certains pays, le nombre d'opérateurs importants sur ce marché, l'opération aurait fait augmenter les prix dans 29 pays et limité sérieusement la concurrence dans 15 États membres. Les propositions successives d'UPS visant à remédier à ces inconvénients n'ont pas convaincu la Commission.
Présentant l'affaire lors d'un point de presse, le commissaire Almunia (concurrence) a précisé que quatre opérateurs importants - UPS, DHL, TNT et FedEx - disposant de systèmes intégrés de logistique, de transport et de distribution (systèmes informatisés, centres de tris locaux, plateformes et moyens de transport aériens et terrestres, etc.) et capables d'assurer ces services dans les 24 heures au niveau international se disputent ce marché au sein de l'Espace économique européen (EEE). La concentration UPS/TNT aurait réduit leur nombre à trois (UPS, DHL et FedEx) et même à deux dans certains pays européens, FedEx n'y détenant que des parts de marché réduites en raison de la taille limitée de son réseau européen et les concurrents locaux (principalement les postes nationales) n'étant pas aussi efficaces et fiables à l'international. Les prix auraient ainsi augmenté dans 29 pays, sans que cette augmentation ne soit contrebalancée par des avantages substantiels en termes de fiabilité et d'efficacité. L'opération aurait par ailleurs posé de sérieux problèmes de concurrence dans tous les nouveaux États membres d'Europe centrale et de l'Est, ainsi qu'au Danemark, en Finlande, en Suède, à Malte et aux Pays-Bas. Pour remédier à ces inconvénients, UPS a proposé plusieurs offres de vente de filiales à des acteurs locaux dans les pays en question, mais la Commission a estimé qu'aucun de ces derniers (dont La Poste française) n'aurait la taille critique pour y concurrencer efficacement DHL et UPS. De plus, UPS aurait dû signer un éventuel accord de vente de filiales avant la concentration, alors qu'elle a essayé de signer l'accord avec TNT avant la fin de l'enquête de la Commission « mais beaucoup trop tard », a expliqué le commissaire Almunia en charge de la concurrence. L'interdiction de la fusion UPS/TNT est la troisième de cette importance sur plus de 800 cas autorisés depuis 2010. (FG)