Bruxelles, 16/01/2013 (Agence Europe) - À situation de crise exceptionnelle, Conseil Affaires étrangères extraordinaire pour faire le point sur les derniers développements au Mali et la contribution de l'UE à la réponse internationale pour aider ce pays à reconquérir son intégrité territoriale et mettre un terme à la menace que représentent les groupes terroristes, djihadistes et trafiquants de stupéfiants du Nord pour toute la région du Sahel, pour l'Europe et le monde. La réunion ministérielle extraordinaire sur le Mali convoquée jeudi 17 janvier à Bruxelles par Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE (EUROPE n° 10764) débutera à 12 heures par un échange de vues avec le ministre des Affaires étrangères malien, Tieman Hubert Coulibaly - une occasion d'avoir un dialogue direct sur les besoins du gouvernement de Bamako et sur la feuille de route consensuelle et crédible attendue pour un retour à l'ordre constitutionnel et démocratique. Suivra un déjeuner de travail entre les 27 uniquement.
La France qui poursuit son opération militaire Serval contre les groupes terroristes djihadistes du Nord (800 soldats français sont déjà sur le terrain, appuyés par une vingtaine d'avions de combat, de ravitaillement et de surveillance aérienne, et plusieurs dizaines de blindés ) en soutien à l'armée malienne sera représentée par Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense. Le Conseil devrait saluer la rapidité de la réponse militaire de la France et fera le point des actions que l'UE pourrait mener pour soutenir le Mali. Tous les volets de la stratégie holistique sur laquelle travaille le Service européen pour l'Action extérieure (SEAE), en coordination avec la CEDEAO, l'Union africaine et les Nations unies seront abordés.
La seule décision attendue, mais non des moindres, concerne l'accélération du déploiement de la mission de formation et de restructuration de l'armée malienne (EUTM Mali). La nomination du commandant de la mission permettrait, si elle était prise, le départ cette semaine du chef de la mission pour examiner les besoins locaux. « On espère une décision sur la mise en place de la mission. La décision pour un déploiement interviendra à la mi-février », indiquaient, mercredi, des sources européennes.
Les ministres débattront aussi du soutien financier que l'UE est prête à accorder aux troupes africaines (mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine, MISMA) via la Facilité pour la Paix en Afrique, de l'accroissement de l'aide humanitaire, et de la manière de soutenir le gouvernement malien par un paquet de mesures renforcées (l'aider à faire face à la menace croissante des terroristes, à améliorer la sécurité des bâtiments et des véhicules ; l'aider à poser les jalons d'une future justice pénale, prévenir la contagion par une aide aux pays limitrophes du Mali).
L'UE participera à la réunion du 20 janvier proposée par la CEDEAO, et la Haute représentante sera représentée au prochain sommet de l'Union africaine. (AN)