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Bulletin Quotidien Europe N° 10765
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) syrie

Le PE demande un changement de cap de la politique européenne

Strasbourg, 16/01/2013 (Agence Europe) - Les députés européens ont appelé, lors d'un débat au Parlement européen, le 16 janvier, à un changement de cap de l'UE dans sa politique sur la crise syrienne, rappelant que le conflit date de mars 2011. « Il faut changer de cap », a exhorté Hélène Flautre (Verts/ALE, française). « Il ne faut pas garder le cap sur l'embargo sur les armes », a-t-elle expliqué, soulignant que les opposants au régime s'arment auprès des pays du Golfe avec un risque d'islamisation, alors que l'UE refuse d'armer l'opposition pour éviter ce risque. « On arrive au contraire, que le Conseil se penche et décide sur la question (de l'embargo) », a-t-elle ajouté. Mme Flautre a aussi souligné les difficultés d'acheminement de l'aide humanitaire, la nécessité de déclencher le plan d'accueil temporaire pour les Syriens.

Pour Ignacio Salafranca (PPE, espagnol), « la communauté internationale doit prendre une décision (…) il faut progresser dans cette situation ». Tout en saluant l'action humanitaire de l'UE, il a précisé que les citoyens européens « espèrent que l'UE est capable d'arrêter cette situation sanguinaire, et puisse adopter des mesures qui puissent mettre un terme à cette situation honteuse et être à la hauteur des circonstances ». « En 2013 il faut faire de la real politique », a souligné Bastiaan Belder (EFD, néerlandais). Selon lui, pour mettre un terme au conflit il faut « mettre en œuvre des politiques », en prenant contact avec toutes les parties pour aider à la réconciliation du pays et éviter une « balkanisation du conflit ».

Sa collègue Véronique de Keyser (S&D, belge) s'est interrogée sur la place de l'Europe dans l'initiative de 55 pays de renvoyer le régime d'Assad devant la Cour pénale internationale. Un renvoi soutenu par tous les pays de l'UE, sauf la Suède, selon sa collègue Marietje Schaake (ADLE, néerlandaise), qui s'est aussi inquiétée de la non participation de l'UE aux discussions en cours à Genève entre l'envoyé spécial, la Russie et les États-Unis.

« La Syrie n'est pas infectée par une guerre interne mais par l'intervention extérieure », s'est inquiétée Marisa Matias (GUE, portugaise), comme plusieurs de ses collègues, soulignant l'importance d'une « politique qui ne permette pas à des opportunistes de s'ingérer ».

Pour MM. Charles Tannock (ECR, britannique) et Philip Claeys (NI, belge) des atrocités sont commises des deux côtés. « Il faut être prudent quand on donne l'aval aux forces d'opposition », a précisé M. Tannock. M. Claeys a rajouté que « le régime Assad n'a plus le monopole de l'horreur. Il est important que l'UE tienne compte que des groupes d'opposition sont aussi coupables d'assassinats ». (CG)

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