login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10765
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Assistance financière, Christofias cherche le soutien de Barroso

Bruxelles, 16/01/2013 (Agence Europe) - Le Président chypriote, Demetris Christofias, a plaidé auprès du Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour que la recapitalisation directe par le Mécanisme européen de stabilité (MES) des banques chypriotes puisse se faire, si nécessaire, de manière rétroactive. Dans une lettre datée du 11 janvier dont EUROPE a eu copie, il explique que les estimations préliminaires de la société américaine PIMCO sur les besoins en recapitalisation bancaire prévoient, dans le cadre d'un scénario macroéconomique défavorable, des besoins en capital tels que la viabilité de la dette chypriote pourrait être « significativement » affectée. Une situation qui pourrait causer un nouveau retard dans la conclusion d'un accord politique. Le rapport final de PIMCO est par ailleurs attendu ce vendredi.

M. Christofias est d'avis que l'assistance financière apportée aux banques chypriotes, touchées notamment par la restructuration partielle de la dette grecque, devrait être d'une double nature. D'une part, un premier montant doit être calculé sur la base des paramètres prévus dans le projet de mémorandum de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI). Afin de préparer la nécessité éventuelle de capitaux supplémentaires au cas où le scénario défavorable envisagé par PIMCO se réaliserait, une 'ligne de crédit améliorée' (enhanced credit line) pourrait être ouverte auprès du MES à l'intention des autorités chypriotes. Nicosie pourrait ne pas être éligible pour une 'ligne de crédit de précaution' (precautionary conditioned credit line), comme celle parfois envisagée pour l'Espagne, compte-tenu du poids de la dette chypriote par rapport au PIB national.

Dans sa missive, M. Christofias ajoute que Nicosie a l'intention de demander « le remplacement d'une part significative de l'assistance financière qui sera accordée à Chypre pour ses banques (…) par le nouvel outil », à savoir l'instrument de recapitalisation directe des banques par le MES, une fois en place le mécanisme unique de supervision bancaire sous l'égide le BCE.

Les négociations sur les modalités de la recapitalisation bancaire directe sont en cours et doivent aboutir avant fin juin, conformément à la requête du Conseil européen. Dans ce débat, Nicosie est d'avis que la recapitalisation bancaire directe puisse s'effectuer aussi de manière rétroactive. « En ne permettant pas cette application rétroactive de la recapitalisation directe des banques, nous limiterons l'impact positif des étapes qui ont été franchies jusqu'à présent » par l'UE pour faire face à la crise, considère M. Christofias. Il souligne, par ailleurs, que les problèmes auxquels l'île fait face sont dus en partie à l'exposition du secteur bancaire chypriote à l'économie grecque, et notamment à la dette grecque restructurée. Cette exposition équivaut à près de 25 % du PIB chypriote, un montant « que le contribuable chypriote est maintenant appelé à supporter », poursuit le président chypriote.

En octobre 2012, trois pays AAA se sont déclarés contre le principe de rétroactivité en matière de recapitalisation directe des banques ('legacy assets'). La Finlande, l'Allemagne et les Pays-Bas ont estimé, en septembre, que les actifs hérités du passé devraient en effet rester du ressort des autorités nationales et pas être totalement transférés au fonds européen de sauvetage permanent (EUROPE n° 10696). L'Espagne et l'Irlande, en revanche, espèrent pouvoir un jour en bénéficier. (EL)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIREURE
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES