Bruxelles, 16/01/2013 (Agence Europe) - S'il appelle Paris à se garder de tout repli protectionniste, le commissaire au Commerce promet une utilisation adéquate des instruments de défense commerciale.
Pris pour cible au printemps par Arnaud Montebourg dans le cadre d'une controverse sur l'ouverture commerciale de l'UE que le ministre français du Redressement productif jugeait trop naïve, Karel De Gucht a défendu sa politique libre-échangiste devant le Parlement français, mercredi 16 janvier.
« Les problèmes de compétitivité de l'économie française ne peuvent se résumer à la concurrence déloyale [des pays tiers] ou à un degré d'ouverture trop élevé », a insisté M. De Gucht, défendant la poursuite d'une stratégie commerciale « intelligente et ciblée, offensive et volontariste, adaptée aux réalités, qui n'a rien d'idiot ni de naïf ». Une stratégie fondée sur les principes d'une réciprocité « positive », visant à amener les partenaires de l'UE à son niveau d'ouverture, et d'une réciprocité « réaliste et différenciée » avec les pays émergents, qui suppose « une dose limitée d'asymétrie » dans les engagements de l'UE et de ses partenaires.
Le commissaire a toutefois promis que sa stratégie « ambitieuse » d'engagements bilatéraux de l'UE veillera à la mise en œuvre des accords, au respect de la règle de droit et combattra les pratiques commerciales déloyales, garantissant une utilisation adéquate des instruments antidumping et antisubventions « là où c'est nécessaire et justifié ». « L'ouverture récente d'une enquête sur les exportations de panneaux solaires chinois en est la meilleure preuve », a insisté M. De Gucht, soulignant néanmoins l'importance de leur utilisation « à bon escient, quand les conditions pour le faire sont pleinement remplies ». « Personne n'a intérêt à une gestion 'politique' des instruments de défense commerciale, qui ne ferait que les affaiblir », a ajouté le commissaire, rappelant qu'il a déjà mis en route un projet de réforme qui les adaptera à l'évolution de l'économie mondiale « sans changer les équilibres fondamentaux qui les sous-tendent ».
Pour mener à bien sa stratégie, M. De Gucht compte sur le soutien de tous les États membres, la France en tête, et de sa ministre du Commerce, Nicole Bricq. « Les difficultés sont nombreuses et c'est normal. Mais certains intérêts sectoriels spécifiques nous poussent trop souvent à changer de cap, voire à faire marche arrière. Ce n'est pas une option pour l'UE dans la conjoncture actuelle. Nous ne tirerons pleinement parti du nouvel ordre du monde qu'en le modelant à notre avantage, pas en lui tournant le dos », a-t-il conclu. (EH)