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Bulletin Quotidien Europe N° 10765
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) prÉsidence irlandaise

Stabilité, croissance, emploi comme priorités

Strasbourg, 16/01/2013 (Agence Europe) - Le Premier ministre irlandais, le Taoiseach, Enda Kenny, a présenté, mercredi 16 janvier, les priorités de son pays pour ses six mois de présidence du Conseil de l'UE, une 7ème présidence irlandaise sous le signe de la stabilité, de la croissance et de l'emploi, un programme soutenu par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Dans son discours très pro-communautaire, pro-européen, et tourné vers les citoyens, le Premier ministre a souligné qu'en leur nom, « nous travaillerons pour la croissance, l'emploi, la stabilité pour rétablir la confiance. (…) La présidence irlandaise sera la présidence de la famille européenne, l'Irlande mettra tout son corps dans la lutte contre les problèmes européens ». Seán Kelly (PPE, irlandais) a estimé que l'Irlande est sur la voie de la relance et a estimé qu'il y a beaucoup de défis à relever au cours du semestre (les réformes de la politique agricole commune et de la pêche, le cadre financier 2014-2020). Mais la présidente du groupe GUE, Gabi Zimmer a critiqué un programme trop peu tourné vers la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale et économique, et sans stratégie durable.

M. Kenny a mis l'accent sur l'importance de l'emploi. « La crise a un impact profond sur le citoyen, le principal fléau de la crise c'est le chômage », a-t-il rappelé alors que 26 millions d'Européens sont sans emploi, dont de nombreux jeunes. Il a insisté sur le paquet jeune car « nous ne pouvons pas accepter que naisse une génération qui croit que les dirigeants politiques n'ont pas réussi à leur apporter de l'espoir ».

Selon lui, le développement de la compétitivité européenne et des échanges commerciaux peut aussi favoriser l'emploi. Le Premier ministre souhaite donc développer le plein potentiel du marché unique, avec la directive sur la qualification professionnelle, les PME ou encore la portabilité des retraites, et le marché unique du numérique, avec l'e-signature, le haut débit ou encore la protection des données. Précisant que les priorités de l'Irlande sont aussi les siennes, le président du groupe PPE, Joseph Daul, a souligné la nécessité de continuer à miser sur l'industrie, et non pas seulement sur les services, l'importance de « protéger les emplois que nous avons ». Reinhard Bütikofer (Verts/ALE, allemand) s'est aussi dit déçu que la politique industrielle ne figure pas dans les priorités de la présidence irlandaise.

M. Kenny veut également avancer au niveau économique, avec un accord sur le Two pack et un plus grand contrôle démocratique sur le semestre européen. L'Irlande, directement concernée, souhaite aussi avancer sur l'Union bancaire, avec le mécanisme de supervision unique, le CRD4 et bien sûr la séparation entre la dette souveraine et les banques. Le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt, a appelé Dublin à s'inspirer de son expérience nationale au niveau européen. « Ce qui est bon pour l'Irlande peut être bon pour l'Europe », a-t-il expliqué. Il souhaite que le Taoiseach lutte contre la « complaisance de l'UE », reprochant à de nombreux dirigeants européens de ne pas être assez actifs pour sortir de la crise et faire des réformes structurelles.

Le président du groupe S&D, Hannes Swoboda, a quant à lui mis en avant l'importance de Schengen, non cité par le Premier ministre dans son introduction, précisant que si l'Irlande n'en est pas partie, la présidence devra travailler dessus. « Nous n'accepterons pas de restreindre injustement la liberté de circulation, nous voulons développer Schengen. Voila pourquoi nous avons besoin d'aide », a-t-il souligné, mettant aussi en avant la Convention de Dublin et les droits des migrants. Jean-Pierre Audy (PPE, français) a demandé au Premier ministre s'il n'envisageait de faire évoluer l'Irlande sur ce point « en la faisant adhérer à l'espace Schengen ».

Une présidence tournée vers l'extérieur. Le Premier ministre n'a pas non plus oublié l'extérieur. Le renforcement des liens avec les partenaires stratégiques, via le développement d'accords de libre-échange, en particulier avec les États-Unis, est une priorité de la présidence. Le président du groupe ECR, Martin Callanan, a espéré qu'une collaboration entre la présidence irlandaise de l'UE et la présidence britannique du G8 pourra être menée pour arriver à des avancées sur un accord avec les États-Unis. Soulignant que l'engagement du peuple irlandais pour les droits de l'homme et le développement international peut être un « exemple pour UE », le Premier ministre souhaite profiter de la présidence pour lutter contre la faim dans le monde et travailler avec la Haute représentante pour renforcer le rôle de l'UE dans des régions frappées par des crises, citant la Syrie, l'Iran, le Mali et la Somalie. Il veut aussi avancer dans le processus d'élargissement.

Un cadre financier pluriannuel à conclure. Un des défis de la présidence sera le cadre financier pluriannuel (CFP). « Nous avons besoin d'une base stable pour relever les défis, besoin d'un cadre financier pluriannuel adéquat », a souligné le Taoiseach, précisant qu'il ne « ménagerait aucun effort pour arriver à un accord lors du prochain Sommet », puis dans son travail avec le Parlement. « C'est dans l'intérêt de tous d'aboutir à un accord. (…) Il faut commencer le plus vite possible, c'est ce que nous devons aux citoyens. Un accord équitable, imparfait est mieux que pas d'accord », a-t-il prévenu. Mais le co-président du groupe Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit, a reproché le « conservatisme » de la proposition de CFP. « Ce qu'il y a sur la table, proposé par le Conseil, n'est pas crédible et ne va pas créer d'emplois (…) ce qui est tourné vers l'avenir, la jeunesse, l'innovation, va passer à l'as », a-t-il expliqué, appelant à des ressources propres pour l'UE, dont la taxe sur les transactions financières à laquelle l'Irlande ne veut pas participer. Göran Färm (S&D, suédois) a estimé que la logique défendue dans certains pays de l'UE selon laquelle l'UE doit réduire son budget jusque 2020 « ne tient pas ». Le PE a un droit de veto sur le budget 2014-2020. « Nous n'avions pas besoin d'une augmentation substantielle, mais nous avons besoin d'un budget suffisamment solide pour tenir compte des priorités (croissance, emploi, jeunes, infrastructures) », a dit M. Färm. Il a préconisé aussi un budget suffisamment souple pour répondre aux besoins et des ressources propres stables pour le budget de l'UE. Gay Mitchell (PPE, irlandais) a lui estimé que le budget consacré à l'aide au développement doit être défendu au sein du cadre financier pluriannuel 2014-2020.

Action auprès du voisin britannique. Alexander Graf Lambsdorff (ADLE, allemand) s'est demandé pourquoi David Cameron se cache aux Pays-Bas (pour prononcer son discours sur les relations UE/Royaume-Uni). « Il semble avoir peur d'un vrai débat avec les représentants élus. Qu'il vienne ici !» au PE, a-t-il dit. Sur l'économie irlandaise, il a rappelé que la dette publique du pays est de 127 % du PIB, « et vous aimeriez européaniser la dette irlandaise ». Cela soulève une question, selon lui: serez-vous honnête dans la conduite de la présidence si vous devez défendre aussi les intérêts nationaux ? M. Audy a suggéré à M. Kenny de jouer un rôle de trait d'union avec le Royaume-Uni. M. Cameron va prononcer un discours vendredi, « on le sent dans une forme de confusion dans sa pensée politique. S'il annonce un référendum sur un périmètre ou la sortie du Royaume-Uni, il y aura probablement ensuite la sortie de l'Écosse du Royaume-Uni. La stabilité du pays est en jeu. Je me désole de cette évolution », a dit M. Audy. Nigel Farage (EFD/britannique) a lui encouragé l'Irlande à faire un référendum sur la place de son pays dans l'UE, comme il veut que son pays le fasse. (CG et LC)

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