Bruxelles, 07/01/2013 (Agence Europe) - Les Européens ont critiqué, dimanche 6 et lundi 7 janvier, le discours du président syrien, Bachar el Assad. Le porte-parole de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a souligné, lundi 7 janvier à EUROPE, que l'UE regrettait que le régime « ne soit pas prêt à s'engager à une solution politique crédible à la crise syrienne ». « Nous réitérons notre appel à la Coalition nationale pour la révolution syrienne et les forces d'opposition à s'impliquer avec (le représentant spécial Lakhdar) Brahimi et sa mission », a-t-il ajouté, rappelant que l'UE réitère son plein soutien à M. Brahimi pour trouver une solution pacifique via une transition inclusive et démocratique. « Nous allons regarder attentivement s'il y a quelque chose de nouveau dans le discours mais nous maintenons notre position selon laquelle Assad doit démissionner et permettre une transition politique », avait expliqué un autre porte-parole de Catherine Ashton, la veille.
Sur le réseau social Twitter, le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, a précisé que ce discours de M. el Assad allait « au delà de l'hypocrisie », expliquant que « des morts, la violence et la répression qui engloutissent la Syrie sont de sa responsabilité, et que ses promesses de réformes, vides, ne trompent personne ». Le ministre bulgare Nikolay Mladenov a qualifié, lui aussi via Twitter, le discours du président syrien d' « hypocrite » et de « morbide », « typique d'un dictateur qui refuse la responsabilité de ses actions et plonge la Syrie dans plus de violence ». « Tout le monde semble être responsable de la crise en Syrie ... sauf Assad et ses voyous qui détruisent leur fière nation », a-t-il également déclaré.
Toujours via Twitter, leur homologue Carl Bildt a souligné que ce discours ouvrait « la voie à l'intensification des combats et au meurtre en Syrie ». « Il a détruit sa nation et son peuple », a-t-il ajouté à l'encontre de M. el Assad. Le ministre suédois a aussi considéré la réaction « ferme » de la coalition nationale syrienne comme « aussi forte que logique ». Quant à la France, elle a réitéré son appel au départ du président syrien. C'est « une condition incontournable de la transition politique comme le rappelle la Coalition nationale syrienne », a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, M. Lalliot. « Les propos de Bachar el Assad illustrent à nouveau le déni de réalité dans lequel il s'est muré pour justifier la répression du peuple syrien », a-t-il ajouté.
S'exprimant pour la première fois en public depuis 7 mois, le président syrien a proposé un « plan politique » avec son maintien au pouvoir, immédiatement rejeté par la coalition. Bachar el Assad a également appelé à un « dialogue national » sous conditions, précisant qu'il n'avait pas trouvé de « partenaires » pour celui-ci, en allusion à l'opposition.
Selon les Nations unies, plus de 60 000 personnes seraient mortes depuis le début du conflit syrien, en mars 2011. (CG)