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Bulletin Quotidien Europe N° 10758
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Les quotas 2013 « ne respectent pas l'avis scientifique » (association)

Bruxelles, 03/01/2013 (Agence Europe) - Didier Gascuel, président de l'Association française d'halieutique (AFH), estime que les décisions des ministres européens de la Pêche, fin décembre, sur les totaux admissibles de captures et quotas pour 2013 en Atlantique, mer du Nord et Manche, contreviennent aux recommandations des scientifiques (EUROPE n° 10756). Un avis que partagent certaines ONG environnementales de l'UE, comme Oceana.

Le dernier Conseil Pêche consacré à la fixation des quotas 2013 s'est en réalité terminé par « une victoire à la Pyrrhus », d'après Didier Gascuel, président d'AFH. Selon lui, pour presque les deux tiers des stocks, les ministres ont réclamé et obtenu des quotas sensiblement plus importants que ce que proposait la Commission européenne. Or, Frédéric Cuvillier, le ministre français, avait déclaré: « Cet accord permet de garantir la durabilité des stocks atlantiques en s'appuyant sur les avis scientifiques, tout en préservant l'activité économique des pêcheries. »

La Commission proposait pour certains stocks des restrictions qui allaient au-delà des recommandations scientifiques. C'est par exemple le cas pour les stocks de plie et de sole de la Manche. Et les quotas adoptés dans ces cas rejoignent in fine l'avis scientifique (respectivement 6 400 et 5 900 tonnes).

Mais pour d'autres stocks, « les décisions prises ne respectent pas les règles d'une pêche durable », selon l'AFH. Les quotas dépassent fortement la recommandation scientifique par exemple pour le merlu du nord (+21 %), pour la baudroie de mer Celtique (+49 %), pour l'églefin de mer Celtique (+49 %), pour la langoustine du golfe de Gascogne (+22 %). « Bien souvent, il s'agit de stocks qui montrent de fragiles signes de reconstitution », fait valoir Didier Gascuel. Selon lui, les pêcheurs auraient tort de se réjouir des mesures prises. « Les quotas généreux d'aujourd'hui risquent de compromettre ce début d'amélioration et d'oblitérer les captures de demain. » Et de juger très regrettable que le ministre français puisse encore opposer les avis scientifiques à l'activité économique des pêcheries. (LC)

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