Bruxelles, 23/11/2012 (Agence Europe) - L'Union européenne et toutes les parties aux négociations climatiques internationales doivent relever leur niveau d'ambition car les promesses d'action actuellement sur la table ne sont pas à la hauteur des mesures requises par la communauté scientifique pour respecter l'objectif de limiter la hausse moyenne des températures à 2° Celsius par rapport à l'ère préindustrielle, avertit le Parlement européen. C'est à une large majorité (485 voix pour, 109 voix contre et 45 abstentions) que la résolution a été adoptée jeudi 22 novembre à Strasbourg à quelques jours de l'ouverture de la conférence onusienne de Doha (COP18, 26 novembre -7 décembre).
L'UE est invitée à passer à l'objectif d'une réduction de 30 % de ses émissions à l'horizon 2020 (par rapport au niveau de 1990) - un geste non seulement essentiel pour donner l'exemple, mais aussi dans le propre intérêt de l'UE car cela « permettra de générer une croissance durable, de créer des emplois supplémentaires et de réduire la dépendance aux importations d'énergie », ont estimé les eurodéputés à une faible majorité (331 voix contre 306 et 9 abstentions). C'est fort de ce message que Matthias Groote (S&D, allemand), président de la commission de l'environnement du Parlement, se rendra à Doha où il conduira, du 3 au 7 décembre, une délégation officielle de 15 députés européens.
Le Parlement espère que les pays industrialisés clés s'accorderont sur le renouvellement du protocole de Kyoto (dont la première période d'engagement expire à la fin de l'année) pour éviter tout vide juridique avant la conclusion d' un nouveau traité international, juridiquement contraignant, à conclure d'ici 2015 pour une entrée en vigueur en 2020, comme l'ont décidé les membres de l'ONU à Durban (COP 17 en décembre dernier). Les eurodéputés soutiennent résolument une deuxième période d'engagement à compter du 1er janvier 2013. Ils redoutent toutefois que le transfert, à cette deuxième période, des crédits d'air chaud (les unités de quantité attribuée, UQA, ou AAU en anglais) ne sapent les efforts consentis pour atténuer le changement climatique. Aussi souhaitent-il que l'UE puisse forger une position commune sur cette question laissée ouverte par le Conseil dans le mandat de négociation de l'UE, et montre l'exemple.
Les députés réitèrent leur soutien inébranlable à l' inclusion de l'aviation dans le système européen d'échange des quotas d'émissions et rappellent que la question des émissions du secteur maritime international doit également être traitée de manière urgente. Ils souhaitent aussi que soient respectés les engagements financiers nécessaires pour lutter efficacement contre le réchauffement à court et long termes. (AN)