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Bulletin Quotidien Europe N° 10614
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

L'argent du contribuable européen alimente la surpêche (ONG)

Bruxelles, 14/05/2012 (Agence Europe) - L'organisation OCEAN2012 a publié, samedi 12 mai, un document qui montre comment l'argent du contribuable européen « alimente très fortement la surpêche ». Cette ONG, qui regroupe 160 organisations dans l'objectif de faire cesser la surpêche dans l'UE, rappelle que, dans les eaux communautaires, 63% des stocks évalués pour l'Atlantique, 82% de ceux de la Méditerranée et quatre des six stocks de la Baltique, sont surpêchés. « Alors que les stocks déclinaient, les subventions ont alimenté la surpêche en réduisant artificiellement les coûts d'exploitation, tout en augmentant la capacité de capture des flottes », dénonce OCEAN2012 dans un communiqué. La Banque mondiale et la FAO estiment le coût global de la surpêche à 50 milliards de dollars par an. Dans l'UE, ce coût est estimé à 3,2 milliards de dollars pour seulement 43 stocks.

« Subventionner la surpêche revient à subventionner le désastre environnemental et économique, alors que des stocks en bon état permettraient de pêcher plus et mieux et de créer des emplois dans des communautés côtières souvent fortement dépendantes de la filière », déclare Stéphan Beaucher, coordinateur politique d'OCEAN2012. « Bien sûr, après tant d'années de mauvaise gestion, les décideurs publics ont du mal à se déjuger pour inverser la tendance. Pour autant, il est nécessaires que les fonds publics soient consacrés à la restauration des stocks et non à la perpétuation de la surpêche ».

Et cette organisation de donner quelques exemples de la façon dont les fonds publics sont mal utilisés: - entre 2000 et 2008, 33,5 millions d'euros ont été consacrés à la modernisation des flottes ciblant le thon rouge qui a pourtant frôlé l'extinction dans les années 2004-2008 ; - chaque année, environ 850 millions d'euros sont destinés à des mesures structurelles, dont la modernisation des navires, alors que moins de 50 millions sont consacrés à l'application et au contrôle des grands objectifs de la Politique commune de la pêche (PCP) et moins de 50 millions servent à la collecte de données scientifiques ; - plusieurs opérateurs impliqués dans des activités de pêche illégale continuent de bénéficier de subventions de l'UE. En Espagne, par exemple, plus de 80% des sociétés de pêche condamnées à des amendes, et qui ont interjeté appel, ont continué à toucher des subventions l'an dernier. (LC)

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