Bruxelles, 14/05/2012 (Agence Europe) - L'eurodéputé José Ignacio Salafranca (PPE, espagnol), qui dirige la mission d'observation électorale européenne lors des élections législatives en Algérie, a salué « un scrutin ordonné qui s'est déroulé dans le calme et dans la transparence depuis l'ouverture jusqu'au dépouillement » et qui « marque un pas dans la consolidation de la démocratie et les droits de l'Homme en Algérie », samedi 12 mai au cours d'une conférence de presse. Les missions d'observateurs internationaux, se sont, elles aussi, félicitées de la « transparence » et de la « crédibilité » ayant marqué cette échéance électorale.
Le parti du Front de libération nationale (FLN) est sorti vainqueur avec 220 sièges parmi les 462 composant la prochaine Assemblée populaire nationale (APN), indique l'agence de presse officielle APS. Les Algériens, qui voté jeudi 10 mai, ont donc reconduit l'équipe au pouvoir au grand dam de l'extrême droite religieuse et conservatrice qui escomptait rafler la mise, comme dans les deux pays voisins, la Tunisie, le Maroc ou, plus à l'est, en Égypte. Citant « la régularité et la transparence largement évoquées par la presse qatarie », APS fait référence à la presse d'un pays dont l'interventionnisme au profit des islamistes est pointé du doigt en Tunisie et en Égypte. Il faut attendre quelques jours pour voir si les contestations des islamistes, de l'extrême gauche et de partis berbéristes auront un impact ou si elles ne sont que la manifestation d'un dépit électoral passager. Si la contestation gagne du terrain, 'l'exception algérienne', selon laquelle le pays serait épargné par le sort que connaissent ses pays voisins, n'aura été qu'illusion dans un pays qui garde la mémoire des 'années de braise' marquées par les assassinats de politiques, journalistes et intellectuels.
L'UE n'a pas de doute. Samedi, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Catherine Ashton et le commissaire chargé de l'Élargissement Stefan Füle ont salué le déroulement « pacifique et ordonné » des élections législatives. « Nous voyons ces élections comme un pas en avant dans le processus de réformes (...) en Algérie et qui devrait déboucher sur une révision de la Constitution en fin d'année afin de consolider la démocratie et l'État de droit », déclarent-ils dans un communiqué. L'UE espère que le nouveau parlement algérien élu fasse avancer un processus de réformes fondé sur des principes démocratiques et sur le respect des droits de l'Homme. Pour Martin Schulz, le président du Parlement européen, « ces élections constituent une étape dans le processus de démocratisation de l'Algérie ». « Les réformes doivent être poursuivies, plus ambitieuses, plus inclusives et plus profondes. Il appartient à la nouvelle Assemblée Parlementaire Nationale et aux autres institutions algériennes d'interpréter les aspirations qui émanent de l'ensemble des citoyens, tant de ceux qui ont voté que de ceux qui ont choisi de ne pas participer au scrutin », a-t-il considéré, en saluant également « l'avancée importante que constitue l'augmentation du nombre de femmes dans la nouvelle assemblée grâce à la nouvelle loi électorale ». M. Schulz, encourage également « les nouveaux élus pour qu'ils s'engagent à poursuivre l'intégration régionale maghrébine en vue d'accélérer la croissance et la création d'emplois notamment en faveur de la jeunesse ». Annonçant que le Parlement européen procédera ces prochains jours à une évaluation approfondie du déroulement du scrutin observé par la mission d'eurodéputés déployée sur place, il s'engage à poursuivre le dialogue avec les élus de la nouvelle assemblée, notamment dans le cadre du dialogue politique mené au sein de l'Assemblée Parlementaire de l'Union pour la Méditerranée qu'il préside. (FB)