Bruxelles, 03/05/2012 (Agence Europe) - Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a voulu donner une note d'espoir, toute en nuance, sur le retour à la croissance, aux élus locaux réunis pour la séance plénière du Comité des régions (CdR), ce jeudi 3 mai à Bruxelles. Les membres du CdR attendaient de M. Van Rompuy des garanties pour que la croissance, et pas seulement l'austérité, soit à l'agenda de l'UE. La présidente du CdR, Mercedes Bresso, lui a précisément demandé, à l'ouverture de la plénière, quelle était la stratégie à long terme « pour éviter que le piège ne se referme sur l'économie européenne ».
Mal nécessaire. Admettant qu'il n'y a pas de recettes magiques, et que les résultats des réformes structurelles engagées prendront du temps à se faire sentir, M. Van Rompuy a voulu convaincre que 2013 serait l'année d'un retour à une croissance plus robuste, après une stagnation de l'Europe en 2012 encore. Conscient des efforts et du courage des populations soumises à l'austérité, il défend les programmes de redressement budgétaire comme un mal nécessaire. « La politique de réduction de déficits publics et de la dette publique, n'est pas un but en soi, mais elle vise à rendre la croissance plus durable et soutenable après. On ne le fait pas pour le plaisir, le but ultime est la création d'emploi », a-t-il dit très franchement, regrettant que « nos efforts pour faire face à la crise bancaire et des dettes souveraines ont occulté les efforts en faveur de la croissance. Pourtant le travail ne s'est jamais arrêté en ce sens ». Il a tenu à rappeler que divers Conseils, dès 2010, avaient déjà la croissance à leur ordre du jour, et que ce serait encore le cas lors d'un prochain Conseil informel.
Le rôle des régions. Soucieux de répondre aux interrogations des élus locaux, il a expliqué qu'il fallait désormais donner la priorité à des investissements garants de la croissance future (éducation, formation, R&D, …): « Tout l'art de l'assainissement budgétaire n'est pas de dire non, mais de dire oui à certaines dépenses », dont beaucoup sont sous la responsabilité des pouvoirs locaux. Il insiste sur le fait que « ce n'est pas l'UE qui va dire comment dépenser, c'est votre responsabilité, celle des États membres. Ce qu'on veut faire avec la Commission c'est montrer le chemin, donner des orientations, mais la mise en œuvre, c'est une compétence nationale », a-t-il expliqué aux représentants des collectivités locales.
Budget de la cohésion. Son message d'espoir fut moins convaincant au sujet du budget de la politique de cohésion, que les membres du CdR voudraient voir suffisamment doté. M.van Rompuy s'est contenté de préciser que, même s'il devait y avoir un gel du budget, la part relative de la politique de cohésion dans l'entièreté du budget restait plus importante en définitive. (MD)