Bruxelles, 03/05/2012 (Agence Europe) - La commission de la culture et de l'éducation au Parlement européen a organisé le 26 avril, à Bruxelles, un débat sur le nouveau programme Europe Créative proposé par la Commission européenne. Un programme qui doit remplacer à partir de 2014, sous une seule ombrelle, les programmes Culture, MEDIA et MEDIA Mundus actuels. Députés et experts ont montré un consensus sur la nécessité d'augmenter le montant de l'enveloppe financière, tout en insistant sur les particularités des deux volets du programme, qu'il faut préserver, et sur la protection du secteur culturel et créatif non commercial.
Les experts ont tous souligné l'importance cruciale d'un soutien à la culture et à la création artistique en Europe, non seulement en termes de valeur économique (emplois, contribution au PIB européen, etc.) mais aussi en termes d'éducation et de « richesse spirituelle » (pour reprendre les termes du réalisateur roumain Radu Mihaileanu). Les experts ont rappelé l'exception culturelle, en soulignant que la culture n'est pas un domaine commercial comme les autres. Une meilleure protection des secteurs à buts non lucratifs devrait être, selon eux, une priorité des nouvelles dispositions de la Commission et la compétitivité économique ne devrait pas constituer la règle dans ce domaine. Il faudrait plutôt mettre l'accent sur la création de mécanismes de soutien qui permettent aux acteurs culturels et aux entreprises de contribuer de façon active à la création artistique en Europe.
Les questions les plus récurrentes qui ont émergé des débats ont concerné les instruments budgétaires prévus dans le nouveau programme, de même que l'indépendance et la spécificité des deux volets: la culture, d'une part, et les médias, d'autre part. Bien que les experts et les députés qui sont intervenus dans la discussion s'accordent pour saluer l'augmentation budgétaire proposée par la Commission, ils voudraient cependant plus de précisions sur la répartition exacte de l'argent, par objectif et secteur financé. En ce qui concerne la mise en commun des programmes « culture » et MEDIA sous une même ombrelle, les intervenants ont unanimement montré un certain scepticisme. En dépit des possibles synergies qu'un programme unique pourrait créer, les invités ont souligné le fait que les deux secteurs ont des particularités bien spécifiques qui devraient être maintenues.
Le rapporteur sur « Europe créative », Silvia Costa (S&D, italien), ainsi que les députés Jean-Marie Cavada (PPE, français), Helga Trüpel (Verts/ALE, allemande), Marco Scurria (PPE, italien) et Petra Kammerevert (S&D, allemande), ont soutenu dans leurs interventions les points de vue exprimés par les experts. Ils ont demandé des clarifications à la Commission et à la présidence danoise, notamment sur la répartition du budget par secteur, afin de pouvoir juger en toute objectivité de l'impact du programme. Dans un communiqué, le groupe S&D estime essentiel que le nouveau programme continue de soutenir financièrement les organisations sans but lucratifs et les micro-entreprises actives dans le domaine culturel. « Nous devons être certains que l'accès aux prêts (…) n'est pas uniquement réservé aux opérateurs qui ont la plus grande portée industrielle et les meilleures activités de lobbying. Pour le moment, la proposition n'est pas assez détaillée de notre point de vue pour que l'on puisse être satisfaits sur ce point », a déclaré Mme Costa. (IL)