Strasbourg, 20/04/2012 (Agence Europe) - Le Parlement européen attire l'attention du Conseil et de la Commission sur l'impact du changement climatique sur les femmes, et demande à ce que la dimension du genre soit prise en compte dans les politiques européennes de lutte contre le changement climatique et leur financement. Le Parlement a fait sien le rapport de Nicole Kiil-Nielsen (Verts/ALE, française) en l'adoptant par 418 voix pour, 87 contre, et 36 abstentions, lors de sa séance plénière du 20 avril.
Premières victimes. Mme Kiil-Nielsen explique que son rapport « compile des chiffres statistiques encore trop méconnus. Il souligne, par exemple, que 70 % des êtres humains vivant avec moins d'1 dollar par jour sont des femmes et que ces dernières représentent 90 % des personnes décédées dans les suites des catastrophes (…) ». Elle part aussi du constat qu'« au niveau mondial, ce sont les femmes qui, de part leurs activités économiques liées notamment à l'agriculture, sont les premières victimes des bouleversements climatiques ».
Meilleure lecture. C'est pourquoi il est important pour les députés d'avoir une meilleure connaissance des effets des problèmes environnementaux, découlant du changement climatique, sur les femmes (aussi en termes de migration, de santé et de travail, puisqu'elles travaillent massivement dans le secteur agricole). Pour cela, ils demandent des statistiques et une récolte des données qui tiennent compte systématiquement du genre. Cette dimension doit aussi être prise en compte dans toutes les politiques préparées ou mise en œuvre par la Commission européenne ou les États membres et relatives au changement climatique.
Vecteur de changement. Mme Kiil-Nielsen veut aussi mettre en lumière le fait que les femmes « sont également un puissant vecteur social dans la diffusion des bonnes pratiques environnementales au quotidien ». De manière plus concrète, les députés ont donc soutenu l'idée d'un quota de 40% de femmes dans les délégations de la diplomatie 'climatique' européenne, comme le préconisait la résolution de la conférence de Durban. Ils veulent aussi que les femmes jouent un plus grand rôle dans la prise de décision climatique et accèdent aux instances de financement des politiques climatiques. De même, les parlementaires veulent 'féminiser' les carrières techniques et scientifiques, et demandent à la Commission et aux États membres d'encourager les femmes à se former dans le domaine de la technologie environnementale et énergétique.
Parmi la kyrielle de propositions que contient le rapport Kiil-Nielsen, figure aussi la demande de la création d'un indicateur « écologique » alternatif au PNB pour évaluer comment chaque société influence le changement climatique. (MD)