Bruxelles, 20/04/2012 (Agence Europe) - Le gouvernement irlandais a lancé sa campagne d'information sur le traité renforçant la discipline budgétaire qui sera soumis à un référendum en Irlande jeudi 31 mai. Il enverra notamment à tous les citoyens irlandais un exemplaire du traité signé par 25 États membres, tous sauf le Royaume-Uni et la République tchèque (EUROPE n°10566). Selon un sondage du quotidien Irish Times du 19 avril, 39% des Irlandais sont indécis, tandis que 30% voteraient pour et 23% contre.
Le Pacte budgétaire « fait partie de l'effort en cours visant à restaurer la confiance dans et la stabilité de l'euro, notre monnaie commune », estime le Premier ministre irlandais Enda Kenny, dans une déclaration publiée vendredi 20 avril sur le site Internet dédié au traité (http://www.stabilitytreaty.ie ). Rappelant que le pacte est bâti sur des dispositions existantes telles que « l'obligation d'approuver un budget équilibré », il est d'avis que l'innovation principale du traité budgétaire est d'exiger que ces dispositions soient introduites de façon contraignante au niveau national. Les États signataires sont en effet invités à inscrire la 'règle d'or' budgétaire si possible dans leur constitution nationale. Autre innovation relevée par M. Kenny, la création d'un mécanisme correctif se déclenchant « automatiquement » si les règles risquent de ne pas être respectées.
Le traité constitue-t-il une recette permanente pour l'austérité ? « Non, il s'agit simplement d'un accord visant à garantir un équilibre entre l'argent collecté et l'argent dépensé dans l'intérêt partagé de la stabilité d'une monnaie », rétorque le Premier ministre. Qui estime « logique » le lien établi entre le pacte budgétaire et le Mécanisme européen de stabilité (MES). Seuls les pays de la zone euro ayant ratifié le traité seront en mesure de prétendre à une aide du fonds de sauvetage permanent qui sera en place à partir de juillet. « Il est logique que, en ces temps difficiles, ceux qui sont prêts à offrir une aide financière à d'autres devraient avoir l'assurance que ceux qui reçoivent l'aide sont prêts à mener des politiques budgétaires saines et sensées », affirme M. Kenny. L'Irlande bénéficie du soutien du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et espère se refinancer à nouveau sur les marchés une fois son programme d'ajustement triennal achevé. Excluant un soutien du MES, le chef du gouvernement irlandais pose néanmoins la question de la crédibilité de l'Irlande si son pays est le seul de l'Eurozone à ne pas ratifier un traité, qui entrera en vigueur dès lors que douze pays de la zone euro l'auront ratifié.
Slovénie. À noter que la Slovénie est devenue, jeudi 19 avril, le 3ème pays à avoir ratifié le traité budgétaire, après la Grèce et le Portugal. À l'automne dernier, l'Espagne a introduit une 'règle d'or' budgétaire mais n'a pas encore ratifié le pacte budgétaire (MB)