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Bulletin Quotidien Europe N° 10592
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) numÉrique

Les nouvelles technologies au service de la science

Bruxelles, 11/04/2012 (Agence Europe) - Les progrès scientifiques pourraient être bien plus considérables si les résultats des recherches antérieures étaient aisément communiqués et accessibles. Dans un discours adressé aux participants de la conférence annuelle de la European Federation of Academies of Sciences and Humanities, mercredi 11 avril à Rome, la commissaire responsable de la Stratégie numérique, Neelie Kroes, appelle à l'ouverture et au partage des données scientifiques, afin de stimuler la recherche et développer l'innovation. Les technologies de l'information et de la communication (TIC) permettent désormais aux scientifiques de communiquer et de collaborer à peu de frais. « Avec la bonne infrastructure et la bonne approche, nous pouvons mettre en place une nouvelle ère pour la pratique et les découvertes scientifiques », a déclaré la commissaire.

Actuellement, les travaux scientifiques, en particulier ceux financés par les pouvoirs publics, sont difficilement accessibles, la plupart étant protégés par des droits de copyright, et lorsqu'ils le sont, c'est parfois à des conditions financières excessives. Neelie Kroes admet qu'il existe des limites à l'accès, notamment pour des raisons de protection des données personnelles et pour des questions de sécurité, mais « ce sont des exceptions, pas la règle ». La Commission européenne présentera prochainement une communication et une recommandation pour rendre les travaux de recherche plus accessibles à la communauté scientifique, dans le droit fil de l'initiative phare de la stratégie EUROPE 2020, « l'Union pour l'innovation », laquelle prévoit que la part des investissements de l'UE en matière de recherche et d'innovation atteigne en moyenne 3% du PIB dans l'Union. Ces documents se pencheront sur l'utilité des infrastructures TIC pour un accès ouvert aux données, mais aussi sur les incitants qui peuvent convaincre les chercheurs à partager leurs travaux. Ceci afin de montrer « combien un accès plus large aux publications et aux données génèrent des bénéfices substantiels et combien nous pouvons, ensemble, faire de l'Espace européen de la recherche une affaire qui marche », a déclaré Mme Kroes. Les ambitions de la commissaire ne se limitent pas à l'Europe, puisque la Commission travaille actuellement avec des partenaires internationaux, notamment le G8 mais aussi des économies émergentes, pour définir une approche mondiale en matière de partage des ressources scientifiques, a précisé la commissaire. Et de se réjouir: « Grâce à ces initiatives, nous pouvons créer un instrument pour relier les chercheurs et leurs données, où qu'ils soient, quel que soit leur domaine ».

La commissaire Neelie Kroes a également participé le 11 avril, toujours à Rome, au Forum annuel de l'Agenda numérique italien (« Italian Digital Agenda Annual Forum ») organisé par la Cofindustria Digitale. Selon elle, l'Italie pourrait stimuler son économie en misant davantage sur l'économie numérique, et ce sur trois axes: 1) encourager les jeunes à se diriger vers des professions orientées dans les nouvelles technologies, très demandées (les étudiants italiens qui se spécialisent dans les TIC sont trois fois moins nombreux que les étudiants français, allemands et britanniques). Une façon de faire correspondre davantage l'offre et à la demande sur le marché du travail et de résorber le chômage ; 2) développer davantage la couverture fixe à haut débit, l'un des objectifs de la stratégie numérique (l'Italie reste à la traîne à ce titre avec dix points de pourcentage de moins que les niveaux français et allemand). Le commerce en ligne s'en trouverait boosté, au bénéfice des entreprises (italiennes) qui ne buteraient plus sur des questions de copyright d'autorisation ou d'autres barrières commerciales pour vendre leurs produits ; 3) continuer d'investir dans l'innovation. L'Italie a multiplié les initiatives en matière de connectivité avec un investissement total proche d'un milliard d'euros pour développer des « villes intelligentes », une initiative qu'il faut poursuivre, a souligné Mme Kroes. Par ailleurs, la commissaire a profité de l'occasion pour rappeler à l'Italie ses obligations en matière d'indépendance du régulateur national, alors qu'une nouvelle loi vient d'être adoptée, qui pourrait remettre en cause l'indépendance de l'autorité italienne AGCOM (voir EUROPE n° 10579). Deux lettres ont déjà été envoyées aux autorités italiennes, dans lesquelles la Commission européenne exprime ses craintes. « J'espère que nous trouverons un moyen rapide d'apaiser ces craintes, d'une manière qui écarte toute ambigüité », a déclaré Neelie Kroes. (IL)

 

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