Bruxelles, 11/04/2012 (Agence Europe) - Le schéma de crédits d'émissions appliqué à l'aviation (ETS) reste un sujet chaud, même pour les compagnies régionales qui ne sont pas soumises aux pressions internationales. Elles aussi préconisent la fin des disputes avec les pays tiers via l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), mais ne se prononcent pas sur le fait de voir si leurs tarifs seront majorés en fonction des échanges de permis de polluer.
Prix de l'ETS. Si la majorité des membres de l'Association des compagnies aériennes régionales (ERA) se soumettent aux crédits d'émissions, ces compagnies régionales n'ont pas encore communiqué si elles répercuteront les coûts engendrés dans leur politique tarifaire, comme certaines grandes compagnies européennes ont l'intention de faire, comme Lufthansa. Pour le directeur général de l'ERA, Simon McNamara, les compagnies régionales ont deux options: soit ne pas répercuter l'ETS dans les prix des billets, soit les augmenter pour éponger les coûts de l'ETS. Mais M. McNamara reconnaît que cette seconde option aurait de lourdes conséquences sur la demande, ce que les compagnies régionales ne peuvent pas se permettre alors que leur marché reste instable pour le moment.
Pays tiers. Il explique que comme les compagnies aériennes régionales opèrent uniquement dans le ciel européen, elles devraient être moins concernées par les disputes à l'international pour que l'ETS soit respecté par les pays tiers également. Cependant, il n'exclut pas que si les tensions persistent, elles risquent d'influencer la concurrence au niveau des routes nationales, et cela aura nécessairement un impact aussi sur les routes régionales. Il est donc d'avis que l'ETS ne devrait pas être appliqué tant que les divergence avec les pays tiers ne sont pas résolues, et que seule l'organisation de l'aviation civile internationale (OACI) est en mesure d'y mettre un terme.
Créneau horaire. Il a par ailleurs dit juger les propositions de la Commission européenne pour l'allocation des créneaux horaires (dans son 'paquet aéroport') comme étant « raisonnablement justes », et non « discriminatoires ». Mais, il demeure convaincu que si la révision du règlement relatif aux créneaux horaires mènera à une utilisation plus efficace des aéroports, elle ne résoudra pas les problèmes de capacité des aéroports, comme l'espère la Commission. Seule la construction de nouvelles infrastructures pourrait à son sens y remédier.
Le directeur général de l'ERA a fait le point avec la presse sur l'actualité politique relative à l'aviation, mardi 9 avril, peu avant la réunion annuelle des compagnies aériennes régionales à Porto (Portugal) les 18 et 19 avril prochain. (MD)