Bruxelles, 30/03/2012 (Agence Europe) - La commission de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) chargée d'enquêter sur la mort de 63 personnes fuyant la guerre en Libye en mars 2011, a relevé dans un rapport présenté le 29 mars une série de « défaillances » et pointé tant « l'absence de réaction », notamment de l'OTAN, aux appels de détresse de l'embarcation que l' « absence de responsabilité » pour la recherche et le sauvetage des migrants. 72 personnes étaient parties de Tripoli le 26 mars à bord d'un petit bateau, qui s'était échoué deux semaines plus tard avec seulement 9 survivants.
Ce rapport, rédigé par la Néerlandaise Tineke Strik, s'est imposé en mai 2011 après les révélations du quotidien britannique The Guardian qui avait mis en cause l'OTAN et certains de ses navires se situant, selon lui, à proximité de l'embarcation en détresse.
Pour le rapporteur, c'est une accumulation d'erreurs et de dysfonctionnements qui a conduit au naufrage et à la mort de ces 63 personnes, Mme Strik portant la responsabilité sur les autorités italiennes chargées des opérations de recherche et de sauvetage en mer, sur l'OTAN, sur les pays dont les navires battaient pavillon dans la zone en question ainsi que sur les autorités libyennes et les trafiquants.
En ce qui concerne l'OTAN, cette dernière n'a tout d'abord pas « réagi aux signaux de détresse » dans la zone militaire qu'elle contrôlait, écrit la commission qui note également que la frégate de la marine espagnole Méndez Núñez, sous commandement de l'OTAN, se trouvait seulement à 11 milles de l'embarcation, ce que Madrid dément cependant. Un bâtiment militaire italien, le Borsini, se trouvait « quant à lui à une distance de 37 milles marins », dit aussi la commission.
Dans son rapport, la commission épingle encore les autorités libyennes qui « n'ont pas assumé la responsabilité de leur zone de recherche et de sauvetage, les centres de coordination de sauvetage maritime italien et maltais qui n'ont pas pris la responsabilité de lancer une opération de recherche et sauvetage ».
La commission a également jugé « crédibles » les témoignages des survivants « qui ont déclaré qu'un hélicoptère militaire leur avait jeté de l'eau et des biscuits et indiqué qu'il allait revenir, mais ne l'a jamais fait ». Selon eux, « un gros vaisseau militaire » s'était encore « approché mais ce bâtiment s'était éloigné sans se porter à leur secours », poursuit la commission. Elle demande donc à la fois à l'OTAN de « mener une enquête sur l'incident et de fournir des réponses détaillées aux questions qui sont encore sans réponses » mais aussi au Parlement européen de se pencher également sur le sujet. (SP)