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Bulletin Quotidien Europe N° 10536
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Jachères écologiques, Ciolos dénonce un faux débat

Bruxelles, 20/01/2012 (Agence Europe) - Le commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos a estimé jeudi 19 janvier être confronté à un faux débat en ce qui concerne sa proposition d'imposer des jachères écologiques aux agriculteurs, mal reçue dans de nombreux pays et en particulier en Allemagne.

« Je crois qu'il y a un faux débat autour de ces 7% », a-t-il jugé à Berlin, où il participe à l'inauguration de la semaine verte, le salon de l'agriculture allemand.

Dans sa proposition sur la réforme de la politique agricole commune (PAC), la Commission entend lier les aides aux agriculteurs à des mesures en faveur de l'environnement, parmi lesquelles l'obligation de maintenir des réservoirs de biodiversité ou des éléments de paysage (haies, arbres) sur au moins 7% des terres arables. « Nous ne proposons pas de mettre en jachère 7% des terres qui servent à la production agricole », a dit le commissaire. « On va encourager les agriculteurs à maintenir des surfaces que jusqu'ici ils n'entretiennent pas », a-t-il ajouté. « Les agriculteurs n'auront pas forcément besoin de mettre en jachère des parcelles dédiées à la production », si par exemple les surfaces boisées de leurs exploitations suffisent à atteindre le quota de 7%, a-t-il affirmé, jugeant qu'il n'était « dans l'intérêt de personne de provoquer un conflit entre la production agricole et le souci de la durabilité ». M. Ciolos espère que les négociations sur la réforme de la PAC seront conclues sous présidence irlandaise, début 2013. Les nouvelles mesures pour la PAC réformée doivent entrer en vigueur en 2014 et s'appliquer jusqu'en 2020.

La puissante fédération des agriculteurs allemands DBV, qui voit dans la proposition des 7% une « boulimie de jachères », a lancé une pétition contre elle et espère que les députés allemands s'en saisiront. Pour l'Allemagne, cela signifierait que 500 000 à 600 000 hectares ne pourraient pas être cultivés, selon le DBV, et cinq millions d'hectares à l'échelle de toute l'Union européenne. (LC)

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