Bruxelles, 20/01/2012 (Agence Europe) - Le président roumain Traian Basescu a regretté jeudi 19 janvier que l'adhésion de son pays à l'espace Schengen soit toujours bloquée. Il a également dénoncé les restrictions sur le marché du travail pour les Roumains maintenues par neuf pays de l'UE, rapportent plusieurs agences de presse, citant le président qui adressait ses vœux au corps diplomatique accrédité en Roumanie.
« Nous sommes surpris que, après avoir soulevé cette question lors de deux Conseils européens consécutifs, en octobre et décembre, la décision quant à l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'espace Schengen continue à être bloquée », a dit Traian Basescu. Pour le président roumain, la situation est pourtant claire, a-t-il poursuivi, « toutes les conditions pour une décision favorable du Conseil » ayant été « remplies ».
Membres de l'UE depuis janvier 2007, le Bulgarie et la Roumanie devaient initialement rejoindre la zone Schengen en mars 2011, avant que l'Allemagne et la France ne bloquent le mouvement, suivies en septembre dernier par les Pays-Bas et la Finlande. Depuis, un compromis a été forgé, portant sur une accession en deux phases, mais les Pays-Bas y restent opposés.
Le Conseil européen avait pris plusieurs engagements en octobre puis en décembre dernier, promettant de résoudre la question au plus tard en mars prochain. À ce jour, dit une source, peu de changements sont attendus, les ministres de l'Intérieur de l'espace Schengen attendant le rapport intérimaire de la Commission sur le mécanisme de coopération et de vérification prévu pour le mois de février. Le président Traian Basescu s'est dit convaincu que le rapport de la Commission (sur l'état de la corruption et des réformes judiciaires) sera « positif » et a dit attendre des « propositions concrètes » de la Commission quant aux perspectives du mécanisme de surveillance dans ce domaine.
Lundi, le ministre roumain de la Justice, Catalin Predoiu, était lui aussi venu plaider à Bruxelles la fin de ce mécanisme pour juillet 2012, date à laquelle la Commission publiera son rapport annuel sur le CVM (mécanisme de coopération et de vérification) appliqué aux deux pays.
Le Danemark, qui préside le Conseil des ministres de l'UE, a promis de faire tout ce qu'il peut pour réunir tous les États membres de Schengen autour du compromis en deux phases mais adopte lui-aussi une position prudente, conscient que le rapport CVM de juillet sera un élément important dans la balance des pays encore opposés à l'entrée de Bucarest et Sofia dans l'espace Schengen.
À Berlin, mercredi 18 janvier, la chancelière allemande a assuré que le temps de l'adhésion de ces deux pays à Schengen n'était plus « si loin ». La chancelière a rencontré le Premier ministre bulgare Boris Borissov, rapporte l'agence AFP, et a notamment noté les « progrès » réalisés par Sofia dans ce domaine, tout en l'encourageant à les poursuivre. La chancelière a également dit que tous les États membres étaient décidés à trouver enfin une solution au dossier. (SP)