Bruxelles, 20/01/2012 (Agence Europe) - Après un volet « austérité » en décembre, destiné à stabiliser les finances publiques et à rassurer les marchés (EUROPE n° 10518), le Premier ministre italien, Mario Monti, a lancé vendredi 20 janvier, et malgré la grogne de certaines professions, une série de mesures de libéralisation graduelle dans plusieurs secteurs d'activité, dans le but d'accroître la concurrence et de relancer l'économie italienne. Des mesures que le président Van Rompuy a jugées lundi « d'importance cruciale pour regagner la confiance des marchés» (EUROPE n° 10532) et que le Premier ministre italien compte exposer aux autres ministres des Finances de la zone euro et des Vingt-sept, les 23 et 24 janvier, et aux des chefs d'État et de gouvernement, le 30. Il tentera ainsi de défendre, face aux réticences de certains, la nécessité de relancer la croissance en Europe, comme pendant nécessaire aux mesures de consolidation budgétaire.
Ces libéralisations visent à simplifier le fonctionnement du secteur du commerce, des banques et des assurances en Italie, à augmenter l'offre et à ouvrir à la concurrence la totalité des professions réglementées - taxis, pharmaciens, médecins, avocats, notaires, architectes, ingénieurs, distributeurs d'essence, marchands de journaux - en assouplissant tarifs et horaires ou en abolissant certaines règles trop rigides qui créent des effets de niche et font monter les prix, en multipliant les licences d'exploitation ou en offrant la possibilité de recourir à plusieurs fournisseurs (pompes à essence), etc. Elles introduisent aussi plus de transparence notamment au niveau des prix ou des tarifs (par exemple l'obligation d'afficher les prélèvements et les commissions pour les banques) ou de certaines pratiques (obligation du devis écrit pour certaines professions), en particulier pour réduire les abus et favoriser la lutte contre la fraude fiscale. Enfin, elles accélèrent les privatisations dans des secteurs comme l'énergie (séparation Snam Rete Gas de l'ENI), la distribution d'eau, les transports publics, ou la collecte de déchets.
Selon les estimations de Confidustria (patronat italien), sur lesquelles M. Monti s'est fondé, ce plan pourrait apporter deux points de PIB de croissance chaque année et, en arrivant aux standards européens en matière de concurrence, l'emploi pourrait croître de 8% dans les cinq prochaines années dans le pays (source: Les Echos). M. Monti aura toutefois fort à faire pour imposer ces mesures dans une Italie où les corporations sont encore extrêmement puissantes. (FG)