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Bulletin Quotidien Europe N° 10528
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) fiscalitÉ

Le Danemark opposé à la taxe sur les transactions financières

Copenhague, 10/01/2012 (Agence Europe) - La ministre danoise de l'Économie et de l'Intérieur, Margrethe Vestager, qui présidera le premier Conseil Écofin de l'année 2012 le 24 janvier, a rejeté mardi le projet actuel de taxe sur les transactions financières. Selon elle, la proposition présentée par la Commission européenne en septembre dernier « n'est pas très solide ». Elle a expliqué que les études de la Commission européenne montrent qu'une telle taxe, introduite seulement en Europe, pourrait lui faire perdre 0,5 point de croissance et coûter « des centaines de milliers d'euros d'emplois » liés à la délocalisation d'activités bancaires et financières hors de l'UE. Selon la députée danoise Lene Espersen, du Parti conservateur, une telle taxe pourrait coûter plus de 400 000 emplois.

« Dans la mesure où tout le monde dit que la priorité du moment est de créer des emplois, nous sommes très réticents à soutenir une proposition qui aurait l'effet inverse, celui de minimiser la croissance et d'entraîner d'importantes pertes d'emplois », a expliqué la ministre, mettant en cause la pertinence de la mesure.

Elle a aussi soulevé le fait qu'une unanimité, nécessaire à l'adoption de cette taxe, sera difficile à trouver car les positions des États européens diffèrent. Alors que la France et l'Allemagne sont favorables à une taxe sur les transactions financières, d'autres pays européens, dont le Royaume-Uni, sont contre. La ministre souhaite mettre l'accent sur la réforme du secteur bancaire en cours, tout en précisant que « nous avons besoin de plus de propositions pour aller de l'avant ». « Plus de capital, de grande qualité, des banques et des institutions financières plus liquides ... Nous espérons être en mesure de nous attaquer à ces questions, qui je pense sont l'une des choses qui rendront le secteur financier beaucoup mieux réglementé », a-t-elle souligné. Lundi 9 janvier, la chancelière allemande Angela Merkel a soutenu le président français Nicolas Sarkozy dans sa volonté de mettre en place rapidement une taxe sur les transactions financières au sein de l'UE et, si ce n'est pas possible, pour les 17. La proposition de la Commission, qui prévoit des taux de prélèvement de 0,1% sur les actions et les obligations et de 0,01% sur les autres produits financiers, essentiellement les dérivés et produits structurés, pourrait rapporter jusqu'à 55 milliards d'euros par an. (CG)

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