Bruxelles, 03/01/2012 (Agence Europe) - Le Danemark a pris discrètement, le 1er janvier, la présidence tournante de l'Union européenne. Une présidence que le nouveau gouvernement de centre gauche veut ambitieuse malgré ses 'opt out' qui excluent la participation du pays à des domaines clés tels que la zone euro ou la défense, la coopération judiciaire ou la citoyenneté européennes « Politiquement, il y aura peu d'empreinte danoise sur l'aspect de la coopération européenne qui, pour le moment, attire la plupart de l'attention », d'après l'agence de presse danoise Ritzau, mettant en avant sa non appartenance à la zone euro et le fait que la présidence tournante n'a plus la même importance qu'avant.
Pour sa septième présidence, le Danemark va développer sa présidence autour de quatre axes: une Europe responsable, dynamique, verte et sûre. Pour le Premier ministre danois, Mme Helle Thorning-Schmidt, la priorité « essentielle » de son pays sera de faire de l'Europe « une économie responsable ». « Nous devons faire de l'Europe une économie responsable afin qu'elle puisse surmonter la crise et repartir dans la bonne voie. Les règles économiques doivent être mises en œuvre efficacement afin de rétablir la confiance des marchés financiers dans les économies européennes », a souligné le Premier ministre dans une interview au Conseil. Rappelant que la crise de la dette ne peut pas être limitée à la zone euro, elle a souligné que la présidence danoise veillera à ce que « chaque État membre mène une politique économique responsable qui lui soit bénéfique mais qui profite aussi à l'UE dans son ensemble », dans le cadre du semestre européen, et en lien avec le 'six pack'.
Pour « remettre l'Europe sur la bonne voie », Mme Thorning-Schmidt préconise de conjuguer assainissement et croissance économique. « Austérité et croissance ne sont pas antinomiques, au contraire. Une politique économique responsable est un préalable indispensable à la croissance, et la croissance est une condition pour sortir de la crise », a-t-elle estimé. Ainsi, le Danemark veut une Europe « plus dynamique » afin de rétablir la croissance, et de créer de nouveaux emplois. Copenhague souhaite mettre l'accent sur le marché unique pour en « tirer pleinement parti » car « il offre encore des possibilités inexploitées ». « La législation relative au marché unique doit être modernisée et simplifiée pour garder toute sa pertinence au regard de la concurrence mondiale, faciliter la vie des acteurs économiques et améliorer l'accès aux marchés publics », a précisé le Premier ministre. Cette modernisation doit aussi passer par un meilleur accès au capital risque pour les petites et moyennes entreprises, le développement du marché unique numérique et par des progrès sur le dossier du brevet communautaire.
Pour la croissance, Copenhague mise aussi sur une Europe et une croissance vertes. « L'Europe a une occasion unique de se lancer dans les prochains mois sur la voie d'une croissance verte compétitive », a précisé Mme Thorning-Schmidt. L'action du Danemark sera centrée sur l'efficacité énergétique (objectif commun d'une augmentation de 20 % d'ici 2020 de l'efficacité énergétique), en s'efforçant de faire avancer le plus possible les négociations sur la directive importante qui a été proposée dans ce domaine. La présidence compte aussi s'appuyer sur les communications de la Commission concernant une économie à faible intensité de carbone et une feuille de route pour l'énergie, pour doter l'Europe « de la bonne stratégie à long terme dans le domaine de l'énergie et du climat ». « Si nous nous engageons dans la bonne voie dès maintenant, en mettant en place des mesures incitatives vigoureuses et en créant les bases solides qui permettront à une industrie verte européenne de prospérer, nous aurons assuré croissance, emplois et environnement propre à nos citoyens et leurs enfants », a-t-elle ajouté.
Enfin, le Danemark veut une Europe sûre. « À l'ère de la mondialisation, la sécurité et la liberté de nos citoyens ne peuvent être assurées que par des efforts concertés au niveau européen », a expliqué le chef du gouvernement. Si elle considère la liberté de circulation comme « un des acquis majeurs » de l'UE, le Premier ministre a précisé que l'UE doit s'employer « efficacement à résoudre les difficultés » créées pour cette liberté et à renforcer la coopération entre les États membres. La présidence veut, par exemple, faire avancer les négociations sur la décision d'enquête européenne ou encore développer l'espace Schengen « en le dotant de nouveaux instruments permettant d'évaluer les situations difficiles et d'y remédier, notamment en cas de très forte pression aux frontières extérieures menaçant le fonctionnement du système tout entier ».
Autre dossier important pour la présidence danoise: les négociations sur le budget 2014-2020, qu'elle souhaite orienter vers un soutien à la croissance et à l'emploi et pour élaborer un budget « qui apporte aux citoyens européens une véritable valeur ajoutée ». « Nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir pour mettre au point un socle de propositions, en vue des négociations finales qui se tiendront au cours du deuxième semestre 2012 », a dit Mme Thorning-Schmidt. (CG)