Bruxelles, 03/01/2012 (Agence Europe) - Face à l'arrêt progressif de trois raffineries qui se trouvent en France (Petit-Couronne), en Belgique (Anvers) et en Suisse (Cressier), appartenant au groupe Petroplus, six syndicats européens ont appelé, mardi 3 janvier, les États à intervenir pour débloquer l'accès du groupe pétrolier suisse aux crédits nécessaires au fonctionnement des raffineries en question et sauver ainsi l'industrie pétrochimique européenne. Depuis la fin du mois de décembre, le groupe Petroplus s'est vu refuser les crédits nécessaires (près d'un milliard d'euros) afin de pouvoir acheter du pétrole brut pour le raffiner ensuite. Bien que le groupe suisse parle d'un « arrêt temporaire », pour l'intersyndicale, qui réunit les syndicats français (CGT, CFDT et CFE-CGC), suisse (Unia), belge (FTGB) et anglais (UNITE), les sites industriels de Petroplus sont « au bord de la faillite » (seuls les deux sites de Coryton en Grande-Bretagne et d'Ingolsdtadt en Allemagne fonctionnent encore).
Par ailleurs, dans une lettre adressée lundi 2 janvier au président de la Commission européenne José Manuel Barroso, l'eurodéputée française Estelle Grelier (S&D) s'est dite particulièrement soucieuse des conséquences sociales et environnementales de la tendance actuelle de privilégier l'importation de produits pétroliers finis. La députée Grelier parle même d'une « délocalisation des activités de raffinage » qui va directement à l'encontre de la politique de l'UE qui vise à garantir l'indépendance de son approvisionnement. De leur côté, les syndicats européens craignent que le cas du groupe Petroplus soit symptomatique du déclin général de tout une industrie, qui pourrait au final connaître « le même destin que l'industrie sidérurgique et charbonnières au XXème siècle ». Afin de lutter contre l'importation de produits finis, une pratique qui ne respecterait pas, selon les syndicats, les normes environnementales et induirait du « dumping social », les signataires du communiqué appellent les autorités nationales à s'investir « de manière tant individuelle que coordonnée pour maintenir les emplois de cette branche » en exerçant notamment une pression sur les 11 banques partenaires financiers de Petroplus pour débloquer les crédits. De son côté, Mme Grelier propose de « de taxer plus lourdement, dans l'esprit de la taxe carbone ou de l'établissement de plafonds de rejets, les produits finis importés », ainsi que « de se doter d'une législation communautaire incitant les multinationales à conserver leurs sites de production sur le territoire européen ». (JK)