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Bulletin Quotidien Europe N° 10476
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) pe/turquie

Les députés s'inquiètent du non respect des droits de l'Homme

Bruxelles, 18/10/2011 (Agence Europe) - La commission des droits de l'Homme du Parlement européen a débattu, lundi 17 octobre, de la situation des droits de l'Homme en Turquie et procédé à des échanges de vues avec des ONG. Après avoir passé en revue les progrès faits par Ankara, ils ont souligné que des réformes sont nécessaires, que ce soit en matière de justice, de respect de la liberté d'expression ou des minorités ou encore des droits des femmes.

Marie Christine Vergiat (GUE/NGL, française) a rappelé que les opposants au gouvernement, « ceux qui osent le critiquer », font l'objet de poursuites judiciaires « le plus souvent au nom de la lutte contre le terrorisme ». « La liberté de la presse est insuffisante », a indiqué Marietje Schaake (ADLE, néerlandaise): « On nous dit que les journalistes ne sont pas emprisonnés en tant que journalistes mais en tant que terroristes, nous voulons des preuves ». Elle a aussi demandé à ce que les réformes soient appliquées. « Il y a la lettre et l'esprit. Il faut que la législation soit comprise et appliquée par la police », a-t-elle expliqué. « Il faut renforcer état de droit, bonne gouvernance », a-t-elle ajouté, précisant l'importance de la société civile.

De son coté, Mme Vergiat est aussi revenue sur la situation des Kurdes, et a demandé à ce qu'ils soient mieux protégés au sein de l'UE. Selon elle, de 1 000 à 1 300 élus kurdes auraient été arrêtés depuis juin 2011 et la Turquie est intervenue militairement dans la partie kurde de l'Irak en juillet. L'Iran est aussi intervenue. « La population a été prise entre les tirs croisés des Iraniens et des Turcs, il n'y a pas eu la moindre condamnation militaire », a-t-elle dénoncé. « La Turquie viole les droits des minorités sur son sol », a expliqué Antigoni Papadopoulou (S&D, chypriote).

Hélene Flautre (Verts/ALE, française) a reproché à l'UE de « geler » les négociations avec Ankara. « L'UE se coupe les ailes en empêchant de négocier les chapitres 23 et 24 (qui concernent les droits de l'Homme, et la justice, la sécurité, la liberté) avec la Turquie ». Autrement dit, en empêchant de travailler sur ces chapitres, l'UE se prive des instruments les plus efficaces pour promouvoir les réformes. Mme Flautre a aussi apporté son soutien au commissaire Füle et a « son agenda positif », « pour se tenir prêt, le moment venu, quand les obstacles seront levés » à aller plus vite dans les négociations.

Barry Madlener (non inscrit, néerlandais) a, quant à lui, demandé à ses collègues « de se réveiller » et d'être « plus durs » dans les relations avec la Turquie. « Est-ce qu'il n'est pas temps de mettre fin aux négociations avec la Turquie ? (…) On parle de toutes sortes de problèmes mais on ne fait rien », a-t-il expliqué. Il a demandé que des pressions soient exercées, dans le domaine commercial par exemple. (CG)

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