Bruxelles, 18/10/2011 (Agence Europe) - Engagés, comme elle, à ne pas ériger de nouvelles mesures protectionnistes face à la crise, les partenaires de l'UE au sein du G20 ont, au contraire, adopté 130 mesures restrictives en un an, soit une hausse de 30%, déplore Karel De Gucht à la veille du sommet de Cannes.
La Commission européenne dévoilera en fin de semaine son dernier rapport sur les restrictions aux échanges. Le constat est éloquent: depuis la fin 2010, les partenaires commerciaux de l'UE ont adopté 130 nouvelles mesures restrictives, soit une hausse de 30%. En outre, la reprise économique ne les a pas conduits à renoncer aux mesures protectionnistes adoptées au cœur de la crise, en 2008 et 2009: 17% seulement des mesures introduites depuis le début de la crise ont été rendues caduques, a déploré le commissaire au Commerce, lors d'un discours devant l'industrie allemande à Berlin, mardi 18 octobre. « Ainsi, des mesures destinées à soutenir temporairement la demande, mise à mal par la crise, sont maintenant permanentes. Qui plus est, plusieurs membres du G20 sont engagés dans des politiques industrielles basées sur la substitution aux importations, les exigences de contenu local et les restrictions à l'accès aux marchés publics », a-t-il expliqué, constatant que les autres économies membres du G20 (Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, Inde, Indonésie, Mexique, Japon, Russie, Suisse, Turquie) « n'ont manifestement pas tenu toutes leurs promesses ». « L'UE va, de ce fait, rappeler leurs engagements à ses partenaires commerciaux, dans tous les forums, bilatéraux et multilatéraux », a promis M. De Gucht, à la veille du sommet des dirigeants du G20 à Cannes, début novembre. Et le commissaire d'étoffer son plaidoyer contre le protectionnisme: « Si tous les membres de l'OMC augmentaient leurs tarifs appliqués sur les biens à des niveaux consolidés, le revenu mondial chuterait de quelque 350 milliards de dollars. Dans le cadre d'un scénario plus prudent, si tous les pays relevaient leurs tarifs aux plus hauts appliqués depuis 1995, la perte de revenu mondial atteindrait 134 milliards de dollars. Ces chiffres sont colossaux, mais de tels scénarios ne sont pas à exclure totalement », a averti M. De Gucht, qui place toute sa confiance en l'OMC et ses règles multilatérales pour limiter les dérives protectionnistes de ses pays membres. (EH)