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Bulletin Quotidien Europe N° 10475
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/social

Tous les moyens sont bons pour stabiliser la zone euro

Bruxelles, 17/10/2011 (Agence Europe) - La croissance économique et la création d'emploi ont été au cœur du Sommet social tripartite, lundi 17 octobre. Avant goût du prochain Conseil européen, dimanche 23 octobre, les participants ont surtout débattu de la crise financière et de la dette souveraine des États européens.

Si le consensus autour des mesures particulières à prendre était absent entre les représentants des institutions européennes, les vice-Premier ministre polonais Waldemar Pawlak et les partenaires sociaux, le président de la Commission européenne, José Manuel Barosso, a toutefois noté, durant la conférence de presse qui a suivi le Sommet, que « nous sommes au moins tombés d'accord sur une question », à savoir que « tout doit être fait pour garantir la stabilité de la zone euro ». Le « tout » vise essentiellement les mesures qui vont être présentées durant le Conseil européen de dimanche prochain afin de rétablir la confiance des marchés financiers, stabiliser les notations des États, pour finalement arriver à la reprise économique et la création d'emploi au sein de l'UE. « L'emploi et la croissance font partie d'une stratégie globale et sont dans le même temps notre objectif principal. Tout est lié, tout est dans tout et vice-versa », a conclu M. Van Rompuy.

La référence au terme « social » n'est apparue dans le discours du président du Conseil européen qu'une seule fois pour souligner l'importance du dialogue social qui reste « essentiel dans un temps de crise quand les tensions montent ». Les considérations sur la recapitalisation des banques, sur la stabilisation des fluctuations des marchés financiers, sur la réduction des déficits publics ont largement dominé toute la discussion.

Les propos de Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, n'ont pas échappé à cette règle. Malgré une insistance sur la responsabilité des banques qui se sont enrichies ces trois dernières années, mais se retrouvent aujourd'hui en manque de liquidité, la représente du CES a repris les propos du président Van Rompuy: ce qui est fondamental, c'est de restaurer un environnement propice à la croissance. Et au président de la Commission d'ajouter que « plus que jamais nous avons besoin du dialogue social », ceci afin de parvenir à un consensus autour des solutions à proposer. Des solutions qui nécessitent du « courage », a-t-il ajouté. La discussion sur l'approche à avoir envers la crise économique, les conséquences directes des mesures d'austérité à court et à moyen termes étaient apparemment absentes des discussions.

Le mouvement des indignés, qui se propage actuellement en Europe et réalise ses premiers pas aux États-Unis, s'est invité au Sommet social tripartite. M. Barosso a exprimé sa compréhension face à « l'indignation et la frustration des gens » qui découlent de l'irresponsabilité de certains acteurs et de leur « comportement criminel » qui accentue les effets de la crise. Le rapprochement avec les accusations revendiquées par le jeune mouvement, qui a par ailleurs pris sa place dans la capitale européenne, samedi 15 octobre, contraste avec les propositions du président de la Commission de rendre le marché du travail plus flexible. La Commission devrait ainsi soumettre prochainement des recommandations aux États membres de l'UE sur la manière la plus efficace de stimuler l'emploi de jeunes personnes. Une des solutions, c'est d'utiliser les fonds structurels, dès maintenant, a-t-il appelé.

Pour la CES, « la flexibilité peut être une solution, si elle est négociée ». La sécurité signifie également « garantir un certain niveau des revenus des travailleurs ». Mme Ségol s'est montrée satisfaite des clauses incluses dans le paquet législatifs « six pack » qui incluent des garanties salariales. Mais cela n'empêche que le caractère général de cette proposition est surtout marqué par l'austérité, a-t-elle fait remarquer. La secrétaire générale a également exprimé en une phrase le sentiment le plus répandu au sein de l'UE et qui a profondément marqué ce Sommet social: « Nous avons peur que la situation devienne incontrôlable ».

Cette inquiétude peut être lue comme l'aveu que face à la complexité de la situation, il n'y a que les mesures rapides et drastiques qui peuvent rétablir un certain équilibre. « Garantir la stabilité financière de la zone euro est la plus importante contribution qui puisse être faite pour assurer la croissance économique et l'emploi », a déclaré le président Van Rompuy. Les questions sociales doivent être sacrifiés, du moins momentanément. Ce fut finalement un Sommet qui n'avait de social que le nom. (JK)

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