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Bulletin Quotidien Europe N° 10474
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/euro

Le FESF renforcé est pleinement opérationnel

Bruxelles, 14/10/2011 (Agence Europe) - Herman van Rompuy et José Manuel Barroso ont salué jeudi 13 octobre dans un communiqué commun la ratification par la Slovaquie du Fonds européen de stabilité financière (FESF) renforcé. Cette ratification rend le FESF « pleinement opérationnel » et dote les 17 pays concernés d'un « instrument plus fort et plus souple pour défendre la stabilité financière de la zone euro ». Le président du Conseil européen et le président de la Commission européenne ajoutent que ce pas décisif est dans l'intérêt de chacun des 17 pays directement concernés, et aussi de l'Union européenne.

En dotant le FESF de pouvoirs élargis lui permettant d'agir de manière préventive, d'intervenir sur les marchés secondaires ou encore de contribuer à la recapitalisation des établissements bancaires, les pays de la zone euro se donnent, conformément à leur engagement, « pleinement les moyens de continuer à profiter de l'atout que représente l'euro pour la puissance et la compétitivité de l'économie européenne », commente le ministre français des Affaires européennes, Jean Leonetti.

La Slovaquie a levé un obstacle majeur pour permettre à la zone euro de renforcer son système de défense contre la crise de la dette. Le parlement slovaque a approuvé le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF). La Slovaquie était le dernier des 17 pays membres de la zone euro à se prononcer. Le Parlement slovaque avait d'abord rejeté mardi l'élargissement à 440 milliards d'euros de ce fonds de secours, décidé le 21 juillet, ce qui avait provoqué l'éclatement de la coalition au pouvoir et la chute du gouvernement du Premier ministre Iveta Radicova. Le second vote a été obtenu à la suite d'un accord de la coalition au pouvoir avec l'opposition sociale-démocrate sur l'organisation d'élections anticipées en mars prochain. Le président slovaque Ivan Gasparovic a annoncé vendredi qu'il allait désigner un gouvernement intérimaire après l'éclatement de la coalition du Premier ministre Iveta Radicova. Ivan Gasparovic va révoquer le gouvernement sortant et en désigner un nouveau ainsi qu'un Premier ministre. Ce nouveau gouvernement qui pourrait être majoritaire ou minoritaire ou bien un gouvernement d'experts, a-t-il dit, dirigera le pays jusqu'aux élections anticipées en mars 2012.

Le FESF et son conseil d'administration vont finaliser rapidement toutes les procédures nécessaires pour permettre l'utilisation de ce nouvel instrument dans un avenir proche, a dit le président du FESF, Klaus Regling. Il serait question d'éviter que les pays européens ne mettent davantage la main à la poche. Une option à l'étude serait de porter sa capacité d'intervention jusqu'à 2 500 milliards d'euros (contre 440 milliards actuellement), via un mécanisme de garantie partielle pour les détenteurs de titres de dette publique de la zone euro, selon des sources européennes.

Selon l'AFP, le gouvernement français aurait confirmé que cette option était privilégiée, tout en manifestant sa préférence pour une solution consistant à transformer le Fonds de secours en établissement bancaire, à laquelle la BCE et l'Allemagne sont hostiles. Dans le Financial Times, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, estime que son institution ne peut résoudre la crise de la dette publique dans la zone euro à la place des États. « La garantie ultime, bien sûr, ce sont les États. Si l'on fait quoi que ce soit pour décharger les États de leur responsabilité, alors on court à l'échec », a-t-il ajouté.

Les moyens accrus du FESF, quels qu'ils soient, n'empêcheront pas les banques européennes de devoir faire un effort supplémentaire. Les établissements créanciers de la Grèce devront probablement effacer plus de dette que prévu. L'effort risque d'être plus élevé que les 21% de 'décote' de la dette grecque décidés pour les banques le 21 juillet. Les discussions portent sur une décote de 50%, a précisé à l'AFP une source gouvernementale européenne.

S'agissant de la recapitalisation des banques, la Commission estime que les banques devront faire appel à des sources privées de capitaux, les autorités nationales apportant un soutien si nécessaire. En dernier recours, la recapitalisation devrait être financée au moyen d'un prêt du FESF. Face aux critiques des banques (EUROPE n°10473), allemandes surtout, la Commission a indiqué vendredi que les difficultés des banques sont étroitement liées au manque de confiance créé par la crise de la dette souveraine. « On ne peut pas traiter ces deux problèmes séparément ». Le président de la Commission a souligné le besoin d'une approche globale et insisté sur l'interdépendance des cinq éléments de la feuille de route pour la stabilité et la croissance (EUROPE n° 10472). « Il faut renforcer le capital des banques pour renforcer la confiance et libérer de l'argent qui pourra aller dans l'économie réelle », a rappelé la Commission.

Les ministres des Finances et les présidents des banques centrales des pays riches rassemblés au sein du G20 doivent se retrouver vendredi et samedi à Paris. Cette réunion précède la réunion, le 23 octobre, du Conseil européen, où l'UE devrait examiner la possibilité d'augmenter la puissance de feu du FESF et poser les jalons d'une recapitalisation des banques européennes afin de leur permettre d'effacer une part plus importante que prévu de la dette grecque. (LC)

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