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Bulletin Quotidien Europe N° 10474
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/sport

La lutte européenne contre les matchs truqués s'organise

Cracovie, 14/10/2011 (Agence Europe) - La priorité des ministres européens des Sports réunis de manière informelle jeudi 13 octobre en Pologne a été sans conteste la lutte contre le 'match fixing', les matchs truqués. Après s'être exprimé, le 28 septembre, devant le Conseil de l'Europe, le président de l'UEFA (Union des associations européennes de football), Michel Platini, a renouvelé ses doléances: « J'attends des actions pour combattre le match-fixing. J'attends de la part des politiques européens un projet de combat important dans tous les sports. Nous faisons beaucoup de choses au niveau de l'UEFA, nous mettons beaucoup d'argent dans les systèmes d'alerte mais une fois que nous avons des suspicions, je n'ai pas le bâton de gendarme pour aller faire des investigations ».

Michel Platini a souligné l'importance de criminaliser le trucage de matches et d'en faire une infraction spécifique, comme c'est déjà le cas dans certains pays (Italie, Espagne, Royaume-Uni, Bulgarie, Pologne, Portugal). Et il a appelé à la reconnaissance du droit de propriété des organisations sportives en matière de paris sur leurs propres compétitions (pour que le football européen ne devienne pas la victime des paris en ligne et du crime organisé). La France est le premier pays d'Europe à avoir inscrit ce droit dans sa législation nationale.

Le ministre français des Sports, David Douillet, a déclaré: « Il est temps de prendre le problème à bras le corps. Chaque pays, de par ses lois nationales, doit créer un délit de fraude sportive. Platini a besoin de ça pour combattre les matchs truqués ». Mais l'ex-champion de judo va plus loin. « Le 'match fixing' dessert le marché international. Tout le monde en pâtit. L'une des solutions, selon moi, est de créer, à l'image de ce que se passe dans le dopage, une Autorité mondiale de la régularisation des jeux en ligne ». Une instance que le ministre français verrait bien aux mains du CIO (Comité international olympique). « Seul le CIO est assez fort pour motiver les pays à se doter d'outils législatifs. Ça doit être une démarche mondiale, sinon les tricheurs iront se réfugier dans les pays où il n'y a pas de pénalités ». Et pourquoi ne pas envisager une mutualisation des financements de cette instance avec les acteurs privés touchés par le match fixing, continue d'envisager David Douillet. Son conseiller spécial, Fabien Canu, suggère une idée allant dans le même sens: « Les sommes d'argent sont tellement importantes que l'on pourrait envisager de ne taxer qu'un tout petit pourcentage pour le financement de cette institution ». Une idée soutenue par le ministre polonais des Sports, Adam Giersz: « Le trucage est un problème international qui requiert des solutions internationales ».

La commissaire européenne Androulla Vassiliou ne mâche pas ses mots: « C'est ce que j'appelle le plus grand ennemi du sport. Nous avons besoin d'une coopération et d'une coordination de nos actions dans l'UE entre les institutions européennes, les États membres et les mouvements sportifs. Pour être plus efficace, nous devons avoir une base de données parce que c'est un crime contre les lois internationales ». La présidence polonaise s'attend maintenant à des conclusions du Conseil et espère qu'elles seront actées le 29 novembre prochain, lors d'une rencontre des ministres européens à Bruxelles. (VW)

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