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Bulletin Quotidien Europe N° 10474
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/industrie

Bonne santé, mais poursuite nécessaire des réformes

Bruxelles, 14/10/2011 (Agence Europe) - Dans une Europe frappée par la crise de l'euro et des dettes souveraines, la « bonne santé » de son industrie peut contribuer à une reprise économique encore lente et fragile. Les États membres doivent toutefois poursuivre leurs réformes structurelles dans le secteur.

S'appuyant sur l'édition 2011 de deux rapports annuels, l'un sur la compétitivité européenne, l'autre sur les politiques et performances des États membres en matière de compétitivité, la nouvelle communication de la Commission sur la politique industrielle, adoptée par procédure écrite vendredi 14 octobre, s'inscrit dans le cadre de la feuille de route pour la croissance présentée cette semaine par le président Barroso. Elle montre que l'industrie, qui affiche une « bonne santé », est en mesure de faire renouer l'économie européenne avec la croissance. Mais les États membres doivent, aux yeux de l'exécutif européen, rapidement mettre en œuvre des politiques pour accélérer leur convergence en matière de compétitivité, des écarts sensibles subsistant entre eux, que ce soit en termes de productivité de la main-d'œuvre, d'entreprises innovatrices, ou de climat des affaires.

L'industrie de l'UE se porte bien, mais elle reste distancée par celle de ses concurrents directs, les États-Unis et le Japon, en termes d'entreprises innovatrices, comme d'applications et de commercialisation de produits de la recherche et de l'innovation. Si elle devance les États-Unis en matière d'efficacité industrielle, elle poursuit son rattrapage à l'égard du Japon, avec des différences sensibles entre ses États membres et ses secteurs manufacturiers. L'Europe souffre en outre d'écarts encore trop importants entre ses États membres en matière de productivité de la main-d'œuvre - productivité par personne occupée dans le secteur manufacturier, qui est supérieure à la moyenne de l'UE en Irlande, aux Pays-Bas, en Autriche, en Finlande, en Belgique, au Luxembourg et en Suède, mais inférieure dans la plupart des nouveaux États membres et au Portugal, comme de cadre législatif pour les entreprises - qui est favorable au Luxembourg, en Finlande, en Estonie, à Chypre, au Danemark et en Suède, mais l'est bien moins en Belgique, au Portugal, en Grèce, en Hongrie et en Italie. La Commission ajoute que si l'industrie européenne utilise plus efficacement ses ressources en matières premières non énergétiques, en recourant davantage à des produits recyclés et des matériaux innovants de substitution, sa compétitivité reste vulnérable à leur difficulté d'accès et à leur prix.

La Commission identifie donc plusieurs domaines clés où renforcer la compétitivité mondiale d'un secteur industriel qui contribue de manière substantielle aux performances de l'UE, le secteur manufacturier étant à l'origine de 75% de ses exportations et assurant 80% de la R&D. L'exécutif européen plaide donc pour la facilitation des mutations structurelles dans l'économie, afin de développer les secteurs innovateurs et basés sur la connaissance (éco-industries et fabrication d'équipements électriques et électroniques), et la libération du potentiel d'innovation de l'industrie en regroupant les ressources rares, en réduisant la fragmentation des systèmes d'aide à l'innovation et en améliorant les perspectives commerciales des projets de recherche, les marchés des technologies génériques essentielles (nanotechnologies, matériaux avancés et biotechnologies industrielles) ayant un fort potentiel de croissance (50% d'ici 2015) et de création d'emplois. La Commission prône en outre une durabilité et une efficacité des ressources accrues, en favorisant l'innovation et le recours à des technologies plus écologiques, en garantissant un accès équitable et des prix loyaux dans le domaine des matières premières et des produits énergétiques, ainsi qu'en améliorant l'interconnexion des réseaux d'énergie. La réduction de la charge administrative qui pèse sur les entreprises, une plus grande concurrence entre les prestataires de services qui utilisent les infrastructures en matière de large bande, d'énergie et de transport, sont les autres chevaux de bataille de l'exécutif européen, qui préconise également la mobilisation des ressources du marché unique en soutenant les services innovateurs et en mettant en œuvre la législation en place, comme la directive « services ». Enfin, la Commission insiste sur le soutien aux PME, en favorisant l'accès aux moyens financiers, en facilitant l'internationalisation et l'accès aux marchés, et en réduisant les délais de paiement.

« L'industrie européenne est en bonne santé et est prête à affronter ses concurrents. Toutefois, le ralentissement de la reprise devrait nous pousser encore davantage à placer la compétitivité et la croissance tout en haut de notre liste de priorités politiques. Nous avons besoin de réformes structurelles afin de libérer le potentiel de croissance de nos entrepreneurs, qui sont les principaux acteurs de la reprise », commente, dans un communiqué, le commissaire à l'Industrie et aux Entreprises Antonio Tajani, dont l'absence de Bruxelles vendredi pour présenter le document adopté fut largement critiquée par les représentants des médias. (EH)

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