Bruxelles, 14/10/2011 (Agence Europe) - La France veut plus d'Europe dans le spatial. Le Centre d'analyse stratégique français veut éclairer son gouvernement national sur la stratégie européenne à adopter dans la prochaine décennie. De ce fait, un rapport a été soumis au ministre français de la Recherche, Laurent Wauquiez, mercredi 12 octobre. Le document appelle à plus d'Europe pour que l'Union conserve une position leader dans le spatial. « L'Europe dispose d'atouts réels dans ce domaine, en dépit de ses faiblesses d'organisation et de l'absence d'un intérêt supranational clairement identifié et suffisamment consensuel », stipule le rapport. La France a des intérêts dans l'industrie spatiale (notamment via son site de lancement en Guyane) mais est consciente que la course à l'espace ne peut se faire seule. Le rapport reconnaît qu'aucun État européen n'aurait pu seul se lancer dans les programmes Ariane ou Galileo.
Une meilleure gouvernance européenne. Le Centre d'analyse stratégique français préconise donc à l'Union européenne de « se mettre en ordre de bataille en élaborant un schéma de gouvernance des programmes spatiaux simple, robuste et efficace, où chacun trouve sa place et joue pleinement son rôle: Conseil européen, États membres, Conseil des ministres, Commission européenne, Agence spatiale européenne et agences spatiales nationales ». Il faudrait une vraie gouvernance du spatial européen chapeauté par la Commission et mise en œuvre par l'ESA, afin de dépasser les 27 marchés nationaux, et viser l'autonomie dans l'accès à l'espace et aux technologies.
Coopération globale. Cependant, l'UE ne devrait pas négliger les autres acteurs globaux, mais aussi s'appuyer sur des coopérations internationales pour mener des programmes scientifiques de grande ampleur comme pour l'exploration de Mars, par exemple. Car le Centre d'analyse stratégique français en est convaincu: l'objectif prioritaire dans l'exploration du système solaire à long terme est la planète rouge, à côté d'une nécessité de surveillance civile et militaire (des débris spatiaux notamment).
Politique industrielle. Pour ce faire, le centre estime que l'UE dispose d'une « base industrielle et technologique spatiale d'excellente qualité » mais souffrirait de « la faiblesse de son marché intérieur et d'absence de préférence européenne ». Il s'agit donc de mettre en place une véritable politique industrielle en matière d'espace, et par conséquent de bien doter financièrement le secteur.
Financement. Dans les prochaines décennies, l'Europe consacrerait plus de 5 milliards à la politique spatiale, un budget somme toute « modeste », estime le Centre d'analyse stratégie, car évalué à 0,06% du budget européen. Le rapport prévoit qu'il faudrait augmenter de plus de 50% les budgets en vingt ans, mais craint « que les modalités d'affectation des budgets spatiaux, l'impossibilité de s'engager au-delà du cadre financier pluriannuel pour les budgets de l'UE, ainsi que l'absence de coordination des calendriers respectifs entre l'UE et l'ESA » ne freinent la véritable mise en place d'une véritable politique spatiale européenne. (MD)