Bruxelles, 14/10/2011 (Agence Europe) - La relance des activités de l'UpM (Union pour la Méditerranée) semble être en bonne voie, si l'on en croit son co-président, Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, et le secrétaire général de cette institution paritaire, Youssef Amrani.
Le sujet a été évoqué lors de leur entretien, jeudi à Paris, au terme duquel M. Juppé a annoncé qu'une nouvelle formation des deux co-présidences sera annoncée dans les « prochaines semaines ». L'Égypte, autre co-pilote du processus, céderait la fonction à la Tunisie dès la fin de ses élections pour une Assemblée constituante. Du côté européen, la logique institutionnelle voudrait que la co-présidence passe de la France à la nouvelle diplomatie commune. M. Juppé a déjà dit que l'application du Traité de Lisbonne doit primer (contrairement à une première position prônée surtout à l'Élysée). L'affaire n'est pas totalement tranchée. Des discussions internes ont cours, y compris ce vendredi à Bruxelles, pour prendre une décision finale.
Au terme de leur entretien, MM. Juppé et Amrani ont fait le point sur la relance des activités du secrétariat général, lequel, selon le co-président européen, « fonctionne de façon remarquable » et il a « félicité » son visiteur « pour le travail accompli pour convaincre à la fois au nord et au sud que l'UpM était bien vivante et que tout ce qui se passe autour de notre mer commune rend plus nécessaire que jamais la relance de cette Union ». M. Amrani a, depuis sa nomination, pris son bâton de pèlerin. Il a rendu visite à plusieurs capitales arabes et européennes, y compris un voyage à New York en marge de l'AG de l'ONU, dans les suites du partenariat de Deauville, rehaussant le rôle de secrétaire général dont la mission « technique », au départ, prend dans les faits un caractère politique. M. Juppé a certes rappelé que l'UpM ne doit pas être une « instance politique » mais qu'il « va de soi qu'elle ne fonctionne pas en dehors des réalités politiques ». Elle doit, dit-il, se concentrer sur le lancement de projets concrets que M. Amrani, d'accord sur cette approche « concrète », conçoit comme l'accompagnement des « transitions économiques et politiques » en cours dans la région et en agissant selon le principe des « géométries variables ».
Le secrétaire général marque sa préférence pour les projets qui pourront concourir à la création d'emplois, au développement des régions délaissées et aux intégrations régionales et sous-régionales (Accord d'Agadir, Union du Maghreb, « 5+5 » en Méditerranée occidentale). « La Libye y a sa place », a affirmé M. Juppé et pour le secrétaire général, « tous les pays qui sont engagés dans une logique de proximité optimale avec l'Europe ont leur place » au sein de l'UpM.
Des projets existent déjà, a précisé ce dernier, qui a cité un « Office méditerranéen de la jeunesse, des projets de création d'emplois et dans les domaines de l'énergie et de la protection civile ». Seul souci pour l'heure: rechercher les financements requis. Il a aussi, à l'évocation des différentes approches dans la région (politique de voisinage, partenariat de Deauville), plaidé pour la « cohérence ». (FB)