Bruxelles, 07/10/2011 (Agence Europe) - Des réactions mitigées ont suivi la présentation du prochain paquet pour la politique de cohésion 2014-2020, proposé jeudi 6 octobre par la Commission européenne (EUROPE n° 10468). Peu soutiennent la conditionnalité macroéconomique qui devrait accompagner l'octroi de fonds structurels, cependant de nombreuses voix félicitent la volonté de Johannes Hahn, commissaire européen en charge de la politique régionale, de promouvoir l'efficacité énergétique, les PME, le développement urbain.
Le Parlement européen s'inquiète des conséquences de l'introduction de conditions macroéconomiques. Les eurodéputés de nationalité française du groupe Verts/ALE (N. Alfonsi, J-P Besset, K. Delli, C. Greze) estiment que « le projet de suspendre les fonds aux États membres qui auraient un déficit budgétaire excessif jette une ombre à la qualité de ce paquet législatif. Les régions, prises en otage, n'ont pas à payer la mauvaise gestion financière des États membres. Cette sanction infligée aux régions européennes va à l'encontre de l'essence de la politique de cohésion qui est l'expression même de la solidarité européenne ». Même son de cloche du côté des sociaux-démocrates européens, qui ont fait savoir que le « groupe s'opposera à toute tentative visant à briser la solidarité. Les citoyens européens ne devraient pas être punis par les difficultés de leur gouvernement à réduire le déficit public ». Un point de vue partagé également par la présidente du Comité des Régions (CdR), Mercedes Bresso, qui se préoccupe aussi de la santé financière des régions elles-mêmes: « La crise actuelle a des effets dévastateurs sur nos villes et régions. Le soutien de l'UE a un rôle crucial à jouer dans leur rétablissement économique. C'est pourquoi nous ne pouvons accepter la 'suspension des fonds' (…). Retirer des financements européens à une économie déjà en difficulté rendrait la situation encore pire ».
Climat. Connie Hedegaard, la commissaire européenne à l'Action pour le Climat, voit d'un très bon œil la proposition d'un plancher à 20% de fonds régionaux à investir dans l'efficacité énergétique, pour les régions en transition ou plus développées. Elle affirmait en réponse aux questions des journalistes, vendredi 7 octobre, que la politique de cohésion renouvelée consacrerait de ce fait 17 milliards d'euros à la transition vers une économie faible en carbone et mieux adaptée au changement climatique. Les financements seraient, en effet, presque doublés puisque la politique actuelle n'y consacre que 9 milliards.
PME. Des quotas similaires dévolus à la compétitivité réjouissent également l'Union européenne de l'artisanat et des PME (UEAPME) dont le secrétaire général, Andrea Benassi, ajoute par ailleurs que « les procédures administratives et financières liées aux fonds structurels ont souvent découragé les PME de bénéficier d'un financement. Les propositions de simplification et l'introduction d'un corps commun de règles amènent un vent de changement ».
Dimension urbaine. Enfin, les associations représentant les collectivités locales ou les villes comme Eurocities, ou le Conseil des communes et régions d'Europe, apprécient également le souci de développement urbain porté par la proposition de révision. « Seul un investissement dans l'Europe métropolitaine peut nous ramener à la croissance », assure Paul Bevan, le secrétaire général d'Eurocities. (MD)