Bruxelles, 12/09/2011 (Agence Europe) - Les pays d'Europe de l'Est non encore membres de la zone euro ont exprimé lundi 12 septembre leur mécontentement d'être tenus à l'écart des débats en cours sur la réforme de l'Union monétaire et ont menacé de soumettre à nouveau à référendum leur appartenance à l'Union européenne.
Une rencontre à ce sujet des ministres des Affaires européennes de sept pays concernés (Pologne, République tchèque, Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Lituanie, Lettonie) s'est tenue lundi à Bruxelles en marge de la réunion du Conseil Affaires générales. Ces pays ont adhéré à l'UE en 2004 ou 2007 et ont ancré dans les traités l'obligation de rejoindre la zone euro à terme lorsqu'ils seront prêts.
Mais les débats en cours, sous l'impulsion de la France et de l'Allemagne en particulier, sur la réforme de la gouvernance de la zone euro afin de tirer les leçons de la crise de la dette, suscitent de plus en plus d'irritation parmi eux. Ils ont le sentiment d'en être tenus à l'écart alors qu'ils seront tôt ou tard concernés.
« Tous les sept pays sont tombés d'accord pour dire qu'un changement du cadre législatif de la zone euro pourrait changer les conditions des traités d'adhésion » qui les ont conduits à rejoindre l'UE « et pourrait obliger à refaire des référendums » sur leur adhésion au bloc des Vingt-sept, souligne une source diplomatique proche des discussions, citée par l'AFP. Ils ont en outre demandé à ce que ceux d'entre eux qui le souhaitent puissent être acceptés à la table des discussions de la zone euro sur les possibles réformes, a-t-elle ajouté.
Le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel ont proposé mi-août la création d'un véritable gouvernement économique de la zone euro pour s'assurer d'un pilotage en commun des politiques économiques nationales des 17 pays de l'Union monétaire et d'une discipline budgétaire sans faille. Pour ce faire, l'Allemagne envisage pour cela une modification du Traité de Lisbonne.
Paris et Berlin songent à harmoniser les politiques fiscales, comme l'impôt sur les sociétés. Il est aussi prévu de créer un forum permanent des chefs d'État et de gouvernement des pays de la zone euro, présidé par Herman Van Rompuy et avec une petite structure administrative.
Selon des sources diplomatiques, l'objectif serait aussi de renforcer l'Eurogroupe en le dotant d'un président à plein temps, après le mandat de Jean-Claude Juncker qui se termine mi-2012. Des voix s'élèvent pour réclamer un saut 'fédéraliste' de la zone euro vers une forme d'Union budgétaire, dotée d'un ministre des Finances. Les Pays-Bas ont plaidé pour que les pays trop laxistes sur le plan budgétaire puissent être expulsés 'en dernier recours' de la zone euro. (L.C.)