Bruxelles, 12/09/2011 (Agence Europe) - Par la voix de son représentant à la réunion des ministres des Finances du G-7, à Marseille, le Royaume-Uni a confirmé, lundi 12 septembre, son « scepticisme » à l'égard d'une taxe sur les transactions financières (TTF) au niveau de la seule UE, telle que la préconisent la France et l'Allemagne dans leur avant-projet détaillé, adressé vendredi 9 septembre à la Commission européenne (EUROPE n° 10449).
Cette prise de position ne fait que confirmer celle déjà exprimée par le gouvernement britannique après le sommet Merkel-Sarkozy du 16 août dernier. « Toute taxe sur les transactions financières doit s'appliquer mondialement, autrement les transactions concernées vont simplement se déplacer vers les pays qui n'en appliquent pas », avait déclaré le ministère des Finances britannique, soutenu en cela par l'ensemble des milieux financiers, qui craignent que l'application d'une telle taxe uniquement au niveau européen ne pénalise l'activité de la City de Londres, troisième place financière du monde, qui dispose du premier marché européen de devises et d'actions, ainsi que d'un très puissant marché à terme et d'une forte bourse des métaux.
Le projet franco-allemand toucherait en effet toutes les transactions financières impliquant un intervenant européen, soit « tous les types de transactions financières, actions et obligations échangées sur un marché secondaire, et produits dérivés listés ou échangés sur un marché de gré à gré », ainsi que les opérations sur les devises. Il inclurait aussi les opérations intra-groupe. En revanche, ne seraient pas concernés les prêts, les dépôts et les opérations sur le marché primaire des actions. Les assiettes possibles examinées (montant réel du transfert d'argent, valorisation en « mark-to-model » ou valeur notionnelle du contrat) seraient adaptées aux différents types de produits et les taux seraient ajustés pour chacune d'entre elles, tout en restant assez bas pour décourager la délocalisation des transactions. La taxe pourrait rapporter entre 31,5 et 54 milliards d'euros par an, qui pourraient aller alimenter le Fonds européen de stabilisation financière (FESF). (F.G.)