Sopot, 05/09/2011 (Agence Europe) - Réunis en Conseil informel samedi 3 septembre à Sopot, en Pologne, les ministres européens des Affaires étrangères ont demandé que tout soit fait pour essayer de limiter les dégâts que pourrait causer une demande de reconnaissance d'un État palestinien lors de la prochaine assemblée générale de l'ONU. Les Européens ont des positions divergentes sur la question.
L'objectif de l'UE est d'éviter ce qui pourrait être un échec pour tout le monde à l'Assemblée générale. Face à l'impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers avec Israël, les Palestiniens réclament un État dans les lignes du 4 juin 1967, antérieures à la Guerre des Six jours, c'est-à-dire incluant la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est, dont ils veulent faire leur capitale. La demande pourrait être déposée le 20 septembre à l'ONU et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a promis samedi d'en révéler d'ici quelques jours des détails.
Mais, selon le ministre français Alain Juppé, l'adoption par une large majorité de l'Assemblée d'une résolution reconnaissant immédiatement l'État palestinien serait un échec pour Israël qui « se retrouverait forcément isolé ». Ce serait aussi un « échec pour les Palestiniens », a-t-il ajouté en référence aux « menaces d'interruption de financement » qui pèsent sur eux. Ce serait enfin un « échec pour l'Amérique qui se trouvera isolée et (un) échec pour les Européens qui risqueraient de se diviser », a jugé le ministre français. Washington a menacé d'opposer son veto à la démarche palestinienne devant le Conseil de sécurité et les Européens ont des positions divergentes sur la question.
Selon un diplomate européen, le ministre tchèque Karel Schwarzenberg a prévenu ses collègues à Sopot que son pays ne voterait « aucune résolution à l'ONU quelle qu'elle soit ». Les Pays-Bas, mais aussi l'Allemagne, sont opposés à des manœuvres 'unilatérales', tandis que l'Espagne, notamment, a dit soutenir la démarche palestinienne.
D'ici là, l'UE a un rôle particulier à jouer, au lieu de « se contenter de jouer les guichets de banque », plaide Alain Juppé. « Notre idée, c'est de travailler à trouver les bases d'une résolution qui serait acceptable pour les différentes parties », a-t-il estimé. « Il s'agit maintenant de sonder de manière intelligente et d'essayer naturellement d'influencer les différentes parties du processus de paix au Proche-Orient de manière constructive », a renchéri son homologue allemand Guido Westerwelle. Le ministre autrichien Michael Spindelegger a proposé que l'UE puisse déposer sa propre résolution à l'Assemblée générale de l'ONU, précisant que ce n'était qu'une option.
Parmi les options figure la solution suisse, ont reconnu plusieurs ministres. La Suisse, avant de devenir membres à part entière, a d'abord été un État doté du statut d'observateur. Cette formule permettrait aux Palestiniens de devenir membres à part entière de toutes les agences de l'ONU, comme l'OMS (Organisation mondiale de la Santé), l'UNESCO, ou l'UNICEF.
Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE, a dit que l'UE « veut supporter les deux parties », ce qui n'exclut pas la demande de reconnaissance d'un État palestinien à l'ONU. (V.W/L.C.)