Bruxelles, 05/09/2011 (Agence Europe) - Dix ans après les attentats du 11 septembre, le monde est aujourd'hui « plus sûr » et de telles attaques aussi sophistiquées ne seraient probablement « plus possibles aujourd'hui ». Tel est le constat livré lundi 5 septembre par le coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, qui dressait un bilan des mesures mises en place par l'UE depuis ces attaques et un état des lieux du contexte actuel. Premier motif de satisfaction: le délitement de l'organisation Al-Qaïda, dont la rhétorique a perdu « toute sa pertinence » et dont les difficultés financières lui rendent plus difficile l'organisation d'attaques à grande échelle. Reste que des menaces demeurent bien réelles, a mis en garde le coordinateur, des menaces « plus complexes et plus diversifiées » en l'occurrence.
Parmi ces menaces, les groupes affiliés à Al-Qaïda, en Arabie Saoudite, au Yémen ou encore en Somalie ou dans le Caucase, a dit M. de Kerchove, ces groupes recrutant de plus en plus. Autre phénomène compliqué pour les Européens: les combattants 'européens' du Djihad, partant s'entraîner en Afghanistan, en Somalie ou au Yémen et revenant en Europe y préparer des attentats. Si ce phénomène n'est pas encore exponentiel, certains signaux montrent qu'il ne doit pas être négligé, a dit le coordinateur citant des tentatives de complots contre le Danemark ou la Suède.
Autre analyse livrée par M. de Kerchove: le recours de plus en plus nécessaire aujourd'hui au stockage des données personnelles en vue de lutter contre le terrorisme. Saluant les outils PNR et TFTP existant entre l'UE et les États-Unis, Gilles de Kerchove a prédit le besoin de « collecter de plus en plus de données personnelles » à l'avenir, « pas pour être un grand big brother » mais pour renforcer encore la sécurité des Européens. M. de Kerchove, conscient que ces sujets de vie privée sont très sensibles au Parlement européen, a plaidé dans ce cadre pour un régime de protection des données lui aussi renforcé. (S.P.)