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Bulletin Quotidien Europe N° 10445
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/affaires ÉtrangÈres

La situation en Ukraine et au Bélarus inquiète

Sopot, 05/09/2011 (Agence Europe) - Les ministres européens des Affaires étrangères réunis en session informelle se sont montrés plutôt inquiets, samedi 3 septembre à Sopot, en Pologne, de la situation politique dans deux des voisins orientaux de l'UE, l'Ukraine et le Bélarus, à quelques semaines de la tenue d'un sommet du Partenariat oriental (voir autre nouvelle).

La libération et la réhabilitation de tous les prisonniers politiques au Bélarus est une condition préalable à toute reprise du dialogue avec les autorités biélorusses, a dit le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski. Ce qui est clair, c'est que nous ne ferons pas de 'marchandages' de prisonniers, a jugé M. Sikorski. Alors que le président biélorusse Alexandre Loukachenko vient de s'engager à libérer des prisonniers politiques au Bélarus, les ministres européens des Affaires étrangères ont estimé que c'était un préalable à tout rapprochement avec l'UE, a souligné le ministre autrichien Michael Spindelegger. Minsk a jusqu'à présent libéré 13 prisonniers. Mais il est inacceptable qu'il y ait encore des prisonniers politiques au Bélarus, qu'ils ne soient pas libérés et qu'une opposition politique ne puisse pas être mise sur pied, a ajouté le ministre autrichien. Radoslaw Sikorski, le ministre polonais, a confirmé que cette opinion faisant consensus en Europe. Alain Juppé, le ministre français, a estimé que la situation « n'est pas acceptable » au Bélarus. « C'est un régime qui ne respecte pas les fondements de la démocratie », a-t-il notamment affirmé. Le Bélarus a procédé à de nombreuses arrestations d'opposants depuis l'élection présidentielle de 2010 et plusieurs dirigeants de l'opposition ont été jetés en prison.

En Ukraine, ce sont les poursuites contre l'ancien Premier ministre Ioulia Timochenko qui suscitent beaucoup d'inquiétude au sein de l'UE, a dit Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères. Selon une source diplomatique, la Pologne aimerait « envoyer un signal fort pour faire pression » sur Kiev. « L'Ukraine est un partenaire important, un grand marché. La crainte aujourd'hui est qu'à cause de cette situation, on ne puisse pas ratifier l'accord de libre-échange ». La Pologne espère finaliser les négociations sur un accord de libre-échange et trouver une solution d'ici décembre, lors d'un sommet qui se tiendra à Kiev. Selon le ministre français Alain Juppé, « la finalisation de l'accord de libre-échange ne pourra intervenir que si le cas de Mme Timochenko est réglé ». « Ce partenariat doit être pour nous un levier: l'Europe est prête à coopérer, à aider pour autant que nous partagions les mêmes valeurs démocratiques, notamment », a poursuivi M. Juppé.

Par ailleurs, la France s'est opposée à l'adhésion rapide à l'UE des pays du Partenariat oriental (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie, Ukraine et Bélarus). « La France affirme qu'il faut être loyal avec ses partenaires et ne pas leur laisser imaginer que dans un délai plus ou moins proche, tout cela pourrait déboucher sur une adhésion. La crise européenne ne nous permet pas de continuer une politique d'élargissement », précise Alain Juppé. (V.W./L.C.)

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