Bruxelles, 05/09/2011 (Agence Europe) - Le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, a demandé lundi 5 septembre à la Roumanie, la Lituanie et la Pologne, à l'occasion des commémorations du 11 septembre 2001, de faire toute la lumière sur leur coopération avec la CIA en matière de détention secrète des suspects entamée au lendemain des attentats.
« À partir de la fin 2001, l'Agence centrale de renseignement des États-Unis (CIA) a mis en place un vaste réseau d'opérations antiterroristes clandestines, dans le but de capturer et de placer en détention ses suspects les plus recherchés. Les agences partenaires de la CIA situées dans divers pays étrangers - y compris en Europe - ont prêté activement leur concours à ces opérations », écrit le commissaire sur son blog, notant que si la valeur des renseignements obtenus a été « mise en doute », cela a de manière « sûre » entraîné « une série d'exactions » constituant des « violations flagrantes des droits de l'homme ».
Le commissaire rappelle dans sa tribune que des preuves de torture pratiquée en Europe ont été établies, notamment en Pologne où un « site noir de la CIA a été ouvert le 5 décembre 2002 ». Il s'est également « avéré que la Roumanie avait, elle aussi, été complice des détentions secrètes de la CIA. Un site noir de la CIA a été ouvert près de Bucarest le 23 septembre 2003, immédiatement après la fermeture du centre de détention polonais », poursuit Thomas Hammarberg. La Lituanie, continue-t-il, « est le dernier pays européen à avoir été identifié comme ayant abrité un site noir de la CIA ».
Au plus fort de la « guerre contre le terrorisme », la Pologne, la Roumanie et la Lituanie ont ainsi « accordé des autorisations et des protections tout à fait extraordinaires à leurs partenaires américains, et ce dans le plus grand secret. Les années ont passé, mais on ignore toujours qui a autorisé et géré les sites noirs sur le territoire européen », déplore le commissaire, qui demande aujourd'hui que « toute la lumière soit faite sur cette affaire » et que les gouvernements de ces pays prennent toutes les dispositions nécessaires « pour que de telles formes de coopération ne puissent jamais se reproduire ». Et cela même au risque de tendre les relations transatlantiques. (S.P.)