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Bulletin Quotidien Europe N° 10429
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/terrorisme

Oslo, un type d'attaques difficile à prévenir

Bruxelles, 28/07/2011 (Agence Europe) - Renforcer et améliorer le partage d'informations entre les polices européennes, travailler sur les facteurs déclencheurs de comportements et actes radicaux, notamment psychologiques, ou encore avancer sur les dossiers législatifs pendants, comme l'encadrement de la commercialisation des engrais chimiques qui a fait l'objet d'une proposition fin 2010. C'est sur ces quelques points que se sont entretenus jeudi matin à Bruxelles les experts « anti-terrorisme » de l'UE ainsi que les autorités norvégiennes convoquées pour une réunion extraordinaire par la présidence polonaise au lendemain des attentats d'Oslo et d'Utoya.

Une rencontre - qui devait se poursuivre dans l'après-midi - qui a démarré par une première analyse des événements livrée par les représentants norvégiens, a expliqué la présidence, et s'est poursuivie par une discussion sur les moyens dont dispose l'UE pour prévenir ce type d'attaques.

Quelques instruments ont ainsi été abordés: au lendemain des attentats, ayant fait 76 victimes, Europol, convié également à la réunion, avait ainsi mis en place son système d'alerte rapide (EU First Response Network) visant à mettre la Norvège en lien avec les services de renseignement et experts en terrorisme de 6 États-membres (Royaume-Uni, Danemark, Finlande, Allemagne, Pologne et Suède), un instrument inauguré ici pour la première fois depuis sa création en 2007 par les ministres de l'Intérieur de l'UE . En septembre prochain, la Commission lancera également son réseau de sensibilisation à la radicalisation qui doit mettre en relation tous les acteurs civils impliqués sur le terrain (dont les écoles, les services sociaux, etc.) et permettre de déceler la montée de comportements extrêmes.

Un exercice qui reste cependant ardu, a déjà reconnu jeudi Tim Jones, conseiller du coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove. Pour Tim Jones, s'il faut ainsi aujourd'hui essayer de « comprendre le processus psychologique » qui se traduit ensuite par des actes violents, « cela reste très difficile à savoir », a-t-il prévenu. Le conseiller a également estimé que ce type d'acte restait très difficile à prévenir et que si de nouveaux outils législatifs sont aujourd'hui nécessaires, notamment via un accord rapide sur le texte contrôlant la commercialisation des engrais chimiques, ceux-ci « n'auraient pas forcément permis de prévenir ces attentats » s'ils avaient été en vigueur, a-t-il encore jugé. « Il n'y a pas une seule réponse magique », a poursuivi Tim Jones, mettant aussi en garde contre le phénomène d'émulation que pourrait déclencher Anders Behring Breivik, pointant un risque certain que d'autres individus reproduisent ce genre d'attaque.

Lors de la réunion, les experts ont notamment souhaité se concentrer sur le phénomène des « loups solitaires », ces individus auto-radicalisés et sans attache évidente avec des organisations terroristes, un phénomène à suivre avec une « plus grande attention », ont-ils jugé.

La présidence polonaise et le conseiller de M. de Kerchove ont encore nuancé jeudi certaines critiques adressées à l'agence Europol quant à une possible sous-évaluation de la menace terroriste d'extrême-droite dans l'UE, estimant qu'il convenait de maintenir la même vigilance sur toutes les autres sources de terrorisme. « Car ça ne veut pas dire qu'après cette attaque, les autres types de menaces disparaissent », a encore indiqué Tim Jones. (S.P.)

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