Bruxelles, 28/07/2011 (Agence Europe) - Incapables de rapprocher leurs positions depuis 2008 dans les négociations du round de Doha, les 153 pays membres de l'OMC, qui ont réduit leur ambition de conclure un accord complet en 2011, ne parviennent pas à s'entendre sur un paquet de mesures amélioré en faveur des pays les moins avancés, qui serait la base d'un accord à minima lors de la prochaine conférence ministérielle de l'OMC en décembre. Lamy leur demande de sérieusement réfléchir aux perspectives de cette situation.
« Ce que nous constatons aujourd'hui, c'est la paralysie de la fonction de négociation de l'OMC, que ce soit dans le domaine de l'accès au marché ou des règles. Nous sommes confrontés à l'incapacité de l'OMC de s'adapter aux nouvelles exigences du commerce mondial, celles que vous (les pays membres) ne pouvez pas résoudre par des accords bilatéraux », a averti son directeur général, Pascal Lamy, devant son comité de négociations commerciales, mardi 26 juillet. Le patron de l'OMC déplore surtout que ses dernières consultations, ces dernières semaines, n'ont pas permis d'esquisser les contours d'un accord à minima lors de la 8ème conférence ministérielle de l'organisation multilatérale, en décembre à Genève.
Après avoir renoncé à Pâques, devant leur incapacité à aplanir leurs divergences sur les dernières questions pendantes dans des chapitres majeurs - mécanisme de sauvegarde spéciale en agriculture, accords sectoriels dans l'industrie et libéralisation du commerce des services, à conclure un accord définitif d'ici la fin de l'année, les 153 pays membres sont désormais incapables de s'entendre sur un ensemble limité de chapitres des négociations de Doha à boucler par un accord à minima en décembre. Un ensemble limité de dossiers, mais pas des moindres, puisqu'il s'agit de mesures pour les pays les moins avancés (PMA), dont l'accès libre de droits et de quotas (duty-free/quota-free) aux marchés des pays développés et émergents et les subventions au coton, mais aussi la facilitation du commerce, la concurrence à l'exportation, les subventions à la pêche et les biens et services environnementaux. « Les ambassadeurs ont travaillé intensément sur ces questions au cours des dernières semaines. Je dois malheureusement partager avec vous le sentiment collectif qu'un paquet de décembre ne prend pas forme comme nous le souhaitions », a expliqué M. Lamy mardi.
La paralysie dans le round de Doha mettant en danger, selon lui, le fonctionnement et les réalisations de l'organisation qui régit le commerce mondial, le patron de l'OMC a donc demandé aux pays membres de réfléchir, pendant la pause estivale, aux perspectives de cette situation. « Il y a un urgent besoin d'établir un diagnostic sur l'impasse actuelle, ce qui ne fonctionne pas, pour préparer la discussion pour des solutions possibles », a insisté M. Lamy. La conférence ministérielle de décembre sera l'occasion d'approfondir ces « conversations adultes », afin de savoir comment procéder après la conférence, et de clarifier ce que les pays membres attendent de l'OMC, a conclu le patron de l'organisation.
Notons qu'en dépit du blocage préoccupant sur le paquet de mesures pour les PMA, M. Lamy n'a pas manqué de souligner mardi l'engagement de la Chine, souvent pointée du doigt pour sa réticence à participer aux accords sectoriels dans l'industrie, en faveur des pays les plus vulnérables. La Chine est en effet prête, avec ou sans accord à minima en décembre, à étendre l'accès sans droits ni quotas à son marché pour 95% des exportations des PMA, contre 60% actuellement. (E.H.)