Bruxelles, 06/05/2011 (Agence Europe) - La délégation parlementaire européenne pour les relations avec le Maghreb a examiné jeudi 5 mai à Bruxelles la situation de l'agriculture marocaine et le rôle que l'UE joue dans son développement.
Réunie sous la présidence de M. Cristian Preda (PPE, roumain), elle a entendu un exposé fait par un représentant de la Commission européenne et un expert spécialiste de l'agriculture marocaine, Philippe Staatsen. Le premier a fait le point sur l'état général de la coopération euro-marocaine et les attentes qui demeurent dans la mise en œuvre du « statut avancé » et marqué l'intérêt porté aux réformes annoncées en mars par le roi Mohamed VI. Il a aussi détaillé les différentes composantes de la coopération bilatéralement engagée avec ce pays en appui notamment à son « plan vert », de développement agricole, et celui visant à construire une politique régionale. M. Preda a annoncé à ce sujet qu'il produira prochainement, conjointement avec un homologue parlementaire marocain, un rapport à ce sujet. Le représentant de la Commission a aussi rappelé que l'accord de pêche UE-Maroc est dans l'attente, pour son approbation, du feu vert du Parlement européen.
L'expert invité a, dans son intervention, relativisé l'importance de la menace agricole que pourrait représenter le Maroc. Une menace agitée par les milieux agricoles européens et des députés comme José Bové (Vert/ALE, français). Il a précisé, en réponse aux questions de Vincent Peillon (S&D, français), Ines Ayala Sender (S&D, espagnole) et Malika Ben Arab Attou (Vert/ALE, française), que l'essentiel de la production marocaine est écoulé sur le marché national mais la part de l'UE dans les marchés de destination des exportations marocaines est grande, alors que la composante essentielle de ses importations (céréales notamment) provient des États-Unis. Il a aussi indiqué que l'agriculture marocaine s'oriente vers un appauvrissement dû à l'affaiblissement de l'agriculture traditionnelle et des exploitations de moyenne et petite taille. L'UE semble encourager la tendance à l'émergence d'une agriculture d'entreprises à forte productivité au risque d'un impact social et environnemental (réduction des nappes phréatiques) notable. Paradoxalement aussi, la politique de décentralisation annoncée par le Maroc semble produire un effet inverse en concentrant le pouvoir de décision et d'orientation vers un niveau intermédiaire des structures de l'État au détriment des autorités locales de base. (F.B.)