Bruxelles, 06/05/2011 (Agence Europe) - Compte tenu des trop lentes restrictions de produits extrêmement préoccupants par la législation européenne sur les substances chimiques REACH, des ONG environnementales, de santé, des syndicats et le BEUC appellent les législateurs et l'industrie à agir rapidement pour réduire l'exposition des consommateurs aux perturbateurs endocriniens en remplaçant ces substances par des alternatives plus sûres. L'ONG ChemSec a publié le 3 mai sa nouvelle « SIN (Substitute It Now) Liste », cette liste des substances chimiques extrêmement préoccupantes (SVHC), en y ajoutant plusieurs produits qui agissent directement sur le système hormonal. Cette SIN List est notamment destinée à aider les entreprises et les législateurs à identifier et supprimer progressivement ces substance chimiques dangereuses. Monique Goyens, directrice générale du Bureau européen des consommateurs BEUC, membre du comité consultatif pour le projet SIN Liste, a déclaré: « Nous sommes tous exposés quotidiennement à un cocktail chimique perturbant notre système hormonal sans nous en rendre compte (…) Il est dès lors de la plus grande importance que les entreprises commencent dès maintenant à les remplacer ».
Problèmes de fertilité, obésité, diabète, développement prématuré de la poitrine, malformations des organes reproducteurs, voici quelques-uns des effets possibles sur la santé des « perturbateurs endocriniens », ces substances qui interfèrent avec le système hormonal et qui sont communément présents dans les produits de consommation courante en Europe (bisphenol A, phtalates, parabène pour les plus courants). ChemSec a réactualisé sa liste de 2008 relative aux substances chimiques extrêmement préoccupantes en ajoutant aux 378 substances recensées précédemment 22 perturbateurs endocriniens. « L'Union européenne a l'ambition de s'attaquer aux dangers des perturbateurs endocriniens mais jusqu'à présent elle n'a pas réglementé efficacement leur usage. Il est temps de se dégager de cette situation inextricable dans la réglementation européenne et de commencer à agir », a déclaré le directeur de ChemSec, Per Rosander. Dans le règlement REACH, les 27 États membres se sont mis d'accord pour limiter strictement l'utilisation des substances chimiques extrêmement préoccupantes. Cette volonté se traduit très lentement dans la pratique et seulement 46 substances chimiques ont été identifiées officiellement comme SVHC et mises sur la liste REACH des produits chimiques dangereux qui seront soumis à l'autorisation régulatrice de l'UE. Or, aucune de ces substances n'a été déterminée dangereuse uniquement sur base de ses effets potentiels sur le système hormonal, regrette ChemSec. « Nous encourageons fortement la Commission européenne et les États membres à commencer à inscrire des perturbateurs endocriniens sur la liste (...) Cette dernière mise à jour de la SIN List donne le ton pour savoir par où commencer », souligne un coordinateur de la SIN List. Les parties prenantes ont quatre mots d'ordre pour attirer l'attention des institutions européennes: 1) agir maintenant (accélérer l'usage de REACH pour réduire les expositions aux perturbateurs endocriniens) ; 2) ne pas prendre de risques (remplacer lesdites substances par des alternatives sûres lorsqu'elles existent) ; 3) jouer la transparence (envers les citoyens) ; 4) mettre au point les bons critères (établir des critères complets pour identifier les produits chimiques ayant des incidences sur le système hormonal et les utiliser dans toute la législation européenne concernée). (I.L.)