Bruxelles, 04/05/2011 (Agence Europe) - Les projets de la Commission européenne sur les mesures pour enrayer la perte de la biodiversité (EUROPE n° 10370) risquent de « miner la compétitivité des agriculteurs », s'inquiètent le COPA (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE) et la COGECA (Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE) dans un communiqué publié mercredi 4 mai. Le secteur agricole dispose d'une « capacité unique permettant d'offrir à la société une contribution positive en matière de biodiversité tout en produisant des denrées alimentaires », expliquent les organisations agricoles. Des solutions « gagnant-gagnant » sont donc nécessaires, qui résulteraient en une « croissance verte » et permettraient aux agriculteurs de mettre un terme à la perte de biodiversité tout en produisant des denrées alimentaires de manière durable.
Pekka Pesonen, le secrétaire général du COPA-COGECA a souligné que les agriculteurs, en collaboration avec les gestionnaires forestiers, jouent « un rôle clé dans la préservation des paysages ruraux en évitant l'abandon des terres et en maintenant par ce biais la biodiversité et les services écosystémiques qu'elle fournit ». Ils sont aussi disposés à intégrer des pratiques agricoles respectueuses de la biodiversité dans leurs activités quotidiennes. « Des résultats positifs ont déjà été obtenus au travers de diverses mesures agroenvironnementales et d'une protection volontaire de la biodiversité. À titre d'exemple, dans les zones où les forêts et les terres agricoles coexistent et où le potentiel en termes de biodiversité est particulièrement élevé, les approches coopératives ont déjà fait leurs preuves », fait valoir M. Pesonen.
Cependant, étant donné que le marché ne rémunère pas les efforts consentis par les agriculteurs pour faire cesser la perte de biodiversité, « un soutien financier est nécessaire pour leur permettre de continuer leurs activités d'une manière positive pour la biodiversité, sans que leur viabilité, leur rentabilité et leur compétitivité ne soient mises en péril », ajoutent le COPA et la COGECA. Ils rappellent que les agriculteurs sont « pleinement conscients » de leurs responsabilités en termes de préservation de la diversité génétique des animaux et des plantes utilisés pour la production. Le fait de maintenir la diversité génétique, y compris en matière de variétés végétales non encore utilisées dans la production agricole, gagnera encore en importance dans le contexte du changement climatique. « L'agriculture et la gestion forestière devraient pouvoir répondre aux demandes croissantes en termes de bioénergie et de biomatériaux tout en contribuant à la mise en œuvre de la nouvelle stratégie européenne en matière de biodiversité », conclut M. Pesonen. (L.C.)