login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10371
Sommaire Publication complète Par article 13 / 29
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/portugal

Aide financière, soutien requis des partis d'opposition

Bruxelles, 04/05/2011 (Agence Europe) - Les principaux partis politiques portugais étaient appelés à apporter leur soutien, mercredi 4 mai, à l'aide financière internationale que le Portugal recevra en échange de la mise en œuvre d'un programme rigoureux d'austérité. Mardi soir, le gouvernement sortant avait annoncé avoir marqué un accord sur ces questions avec les représentants de la Commission européenne, de la BCE et du FMI. Un tel soutien est requis de la part des futurs créanciers du Portugal qui veulent s'assurer que le programme d'ajustement économique sera mis en œuvre quel que soit le résultat des élections législatives du dimanche 5 juin. Les détails de l'aide, qui atteindrait 78 milliards d'euros sur trois ans, et des réformes structurelles qui devront être appliquées devraient être dévoilés officiellement ce jeudi. Rien n'a encore filtré sur la question, brûlante, du taux d'intérêt fixé aux prêts qui seront octroyés. Le temps presse: l'Eurogroupe est appelé, lundi 16 mai, à avaliser formellement et unanimement l'aide financière, à condition qu'un accord gouvernemental ait lieu entre-temps… en Finlande. Lisbonne nécessite une première tranche d'aide afin d'honorer, mi-juin, 5 milliards d'euros d'engagements financiers.

Se basant sur la déclaration du Conseil ÉCOFIN du 8 avril, une porte-parole de la Commission européenne a rappelé que l'accord portant sur une assistance financière au Portugal devait recueillir le soutien des principaux partis politiques portugais. Soulignant l'importance que l'accord soit appliqué « entièrement et rapidement », elle a indiqué que les futurs créanciers du Portugal discutaient avec les « deux » principaux partis d'opposition, à savoir le Parti social-démocrate (PSD) et le Centre démocratique et social (CDS-PP).

Pedro Passos Coelho, leader du Parti social-démocrate (centre-droit), donné gagnant par les sondages pré-électoraux, a réitéré mercredi que son parti ne laisserait pas le Portugal arriver à une « situation de banqueroute ». Il a toutefois remis à plus tard, vraisemblablement ce jeudi, lors d'un déplacement à Londres, sa position définitive sur le programme d'assistance financière. « La lettre d'engagement que nous pourrions signer doit refléter notre entendement des détails de cet accord », rapporte l'AFP. Quant au chef du CDS-PP Paulo Portas, il s'est contenté de promettre « une évaluation réaliste » à la lumière du « devoir patriotique » du programme, selon l'agence portugaise Lusa.

'Un bon accord'. Mardi soir, le premier ministre sortant José Sócrates a annoncé aux citoyens portugais qu'un accord avait été marqué avec la Commission, la BCE et le FMI concernant le paquet d'aide au Portugal et de mesures d'austérité que le pays devra mettre en œuvre. Il a estimé être parvenu à « un bon accord » qui défend les intérêts nationaux et montre que les « institutions internationales reconnaissent que la situation du Portugal est différente de la situation d'autres pays ». La Grèce et l'Irlande sont les deux pays de la zone euro bénéficiant déjà d'une aide financière internationale. Mais il n'a pas caché que des efforts « exigeants » seront requis.

M. Sócrates a indiqué que le Portugal avait obtenu un délai supplémentaire d'un an pour ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB national. Certifié à 9,1% pour 2010 par l'Office des statistiques de l'Union européenne (Eurostat), le déficit portugais devra en effet suivre la trajectoire suivante de correction: 5,9% en 2011, 4,5% en 2012 et 3% en 2013. Avant qu'il se résolve à solliciter une aide financière, le Portugal s'était engagé à réduire son déficit à 4,6% en 2011, 3% en 2012. L'Irlande avait également obtenu un an de plus, de 2014 à 2015, pour respecter les critères du Pacte de stabilité et de croissance.

Selon le premier ministre socialiste, le programme d'austérité ne prévoit pas une réduction du salaire minimum ni de coupes dans la fonction publique. Des mesures que la Grèce et l'Irlande ont prises. Les fonctionnaires et les retraités continueront à percevoir leurs 13ème et 14ème mois.

Le quotidien portugais Económico, qui a mis en ligne mercredi un projet d'accord, liste les principales mesures que le Portugal devra mettre en œuvre. Parmi lesquelles: - économies à réaliser: coupes de 500 millions d'euros dans les dépenses de santé, baisse de 8 000 unités par an du nombre de fonctionnaires, réduction de la rémunération des heures supplémentaires, limitation à 18 mois de l'assistance financière aux chômeurs, réduction des pensions supérieures à 1500 euros, report du financement de grands projets d'infrastructure ; - augmentation des recettes fiscales: hausse de la fiscalité directe (réduction des niches fiscales sur l'impôt des sociétés et des personnes physiques, prélèvements accrus sur la propriété immobilière) et de la fiscalité indirecte (hausse de la TVA, des accises sur le tabac…), ambitieux programme de privatisation (compagnie aérienne TAP, énergéticiens EDP et REN…) ; - réformes structurelles: renonciation aux 'golden share' dans des entreprises publiques, flexibilisation du marché du travail, assainissement et recapitalisation du secteur bancaire (plafond fixé à 12 milliards d'euros).

Taux d'intérêt. Rien n'a encore filtré sur les modalités - niveau taux d'intérêt et maturité - assorties aux prêts qui seront octroyés au Portugal. Cette question est suivie de près à Dublin et Athènes. Dublin veut obtenir le même allègement de son fardeau financier que ce qu'Athènes a obtenu en mars (réduction de 1% du taux d'intérêt, augmentation de 3 à 7 ans et demi de la maturité des prêts). Berlin et Paris lui demandent en échange d'augmenter son taux d'imposition des sociétés. De son côté, Athènes a émis le souhait d'une nouvelle augmentation de la maturité des prêts qui lui sont accordés. (M.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES