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Bulletin Quotidien Europe N° 10371
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Le renouvellement des politiques communes de l'UE entre dans la phase active

Nous y sommes: l'UE se situe désormais dans la phase opérationnelle des transformations profondes qui l'attendent. On regarde en avant. Bien des choses vont changer dans le fonctionnement de l'Europe.

Pour l'euro, le chemin est tracé. Pour un aspect essentiel, celui de l'euro et de la gouvernance économique, le chemin est tracé. Le premier « semestre européen » pour la coordination des budgets nationaux et des politiques économiques nationales est en cours ; les principes pour la gestion de l'euro sont fixés ; les limites et les modalités du soutien financier aux pays en difficulté ont été définies et elles seront totalement opérationnelles en 2013. Il y a un an à peine, rien n'existait. En juin, l'édifice sera complété par les textes d'application et surtout par la concrétisation de la stratégie spécifique pour la croissance et l'emploi. Le Parlement, colégislateur avec le Conseil pour les textes réglementaires, appose son empreinte. Le volet social et le volet croissance économique de cet édifice sont méconnus mais ils existent, même si une partie des forces politiques semble les ignorer, ou bien n'a pas confiance dans leur efficacité. Il revient aux institutions européennes et encore plus aux États membres de faire fonctionner ces aspects de la gouvernance économique, car en matière de croissance et de protection sociale, chaque pays demeure largement maître de son comportement ; mais l'apport européen a son poids.

De toute manière, les mécanismes ne sont que l'instrument ; l'essentiel est leur utilisation. Personne n'ignore que dans quelques pays de l'euro, malgré les soutiens, les résultats sont encore imprévisibles.

Rôle essentiel des perspectives financières. Si le volet économie/euro est largement défini, il n'en est pas de même pour d'autres domaines où les nouvelles règles et les nouveaux instruments sont, pour l'essentiel, en cours de négociation. Les positions de départ sont loin d'être uniformes, aussi bien à propos de la défense où rien de vraiment communautaire n'existe, que pour les politiques communes actuelles, comme la politique agricole et les politiques de cohésion, dont le renouvellement et le fonctionnement dépendront largement des nouvelles perspectives financières.

Pour l'aspect « défense », les institutions communautaires sont âprement critiquées pour leur inertie, mais à tort car en fait elles n'ont aucun pouvoir militaire ; et les États membres ne paraissent pas pressés de concrétiser les instruments qui leur permettraient d'agir ensemble dans le cadre communautaire.

Polémiques déjà vives à tous les niveaux. En revanche, les institutions et les États membres déjà discutent amplement du renouvellement des politiques communes historiques. Les échanges de vues et les polémiques sont déjà vives à propos de domaines fondamentaux tels que: l'achèvement du grand marché sans frontières ; la nouvelle politique agricole commune (en sauvegardant ses bases ou bien en la démantelant en partie, selon le souhait de certains États membres ?) ; la politique de cohésion (que les pays bénéficiaires soutiennent avec chaleur) ; la politique de l'énergie ; la politique commerciale (qui deviendra sans doute plus réaliste, en renforçant l'exigence de la réciprocité par les pays tiers) ; le soutien aux pays en développement. Sur chacun de ces aspects, la Commission a présenté ou va présenter des orientations et des projets. Des analyses approfondies et parfois de véritables négociations préliminaires acharnées sont en cours, aussi bien entre les États membres qu'au sein du Parlement européen. S'y ajoute l'apport parfois passionnel des secteurs économiques et sociaux qui s'expriment au sein des organismes consultatifs de l'UE elle-même (Comité économique et social, Comité des régions) ou dans les organisations de catégories.

Les orientations ne sont pas uniformes, c'est normal, les divergences se situant à un double niveau: a) entre les différents États membres, qui n'ont pas les mêmes priorités, ni les mêmes traditions, ni les mêmes modes de vie, et dont les gouvernements sont loin d'avoir des orientations politiques uniformes ; b) entre les catégories économiques et sociales, dont les intérêts sont partiellement contradictoires. La définition des nouvelles politiques européennes est donc ardue ; mais il ne faut pas exagérer le pessimisme, car c'est ainsi que l'Europe avance et progresse, en prenant en considération les intérêts de chacun et l'intérêt général. Dans certains domaines, l'intérêt commun l'emportera, dans d'autres, des compromis raisonnables seront nécessaires ; la Commission européenne, par son droit d'initiative, et le Parlement européen en tant que colégislateur jouent un rôle essentiel. Dans ce contexte, les nouvelles perspectives financières détermineront largement l'avenir. La bataille à cet égard est pleinement engagée et elle a déjà suscité une floraison impressionnante d'idées, de projets et de méthodes. Ce sera notre sujet de demain. (F.R.)

 

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