Bruxelles, 11/03/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a fermement dénoncé, jeudi 10 mars, les graves violations des droits de l'Homme au Bélarus, évoquant notamment l'usage de la torture, et a averti que le rapprochement entre Minsk et l'UE risquait de connaître « un coup d'arrêt ».
En adoptant une résolution, le Parlement demande la libération immédiate et inconditionnelle de l'ensemble des manifestants arrêtés en décembre dernier alors qu'ils protestaient contre les résultats de l'élection présidentielle. Ce scrutin avait été remporté au premier tour, avec près de 80% des voix, par Alexandre Loukachenko, le chef de l'État depuis 1994.
Le processus de rapprochement entre l'Union européenne et le Bélarus, et notamment la participation du Bélarus au Partenariat oriental, connaîtra « un coup d'arrêt » si Minsk ne prend pas « immédiatement » des mesures en matière de respect des droits de l'homme, ont déclaré les députés.
Ils dressent un tableau sombre de la situation au Bélarus, dénonçant notamment des « procès de nature politique » contre des opposants ou des défenseurs des droits de l'Homme, l'usage de la torture contre des prisonniers, un « climat de peur et d'intimidation » ou encore le « harcèlement continu » des opposants ou des médias indépendants. Ils demandent également au régime biélorusse de « revenir sur sa décision » de radier du barreau plusieurs avocats assurant la défense d'opposants politiques. La répression de l'opposition au Bélarus a suscité un tollé, et l'UE comme les États-Unis ont annoncé des sanctions contre le régime d'Alexandre Loukachenko. Fin janvier, l'Union européenne a enterré plusieurs années de vaines tentatives de rapprochement avec Minsk en imposant des sanctions à 158 caciques du régime, dont le président Loukachenko, qui en retour a annoncé des mesures de rétorsion. Ces mesures pourraient être renforcées par des « sanctions économiques ciblées » contre des entreprises publiques, ou élargies aux « procureurs, juges et agents du KGB impliqués dans les violations des droits de l'homme », ont suggéré les eurodéputés. (L.C.)