Bruxelles, 19/11/2010 (Agence Europe) - Pour de nombreux jeunes Européens, grandir en milieu urbain, dans des quartiers défavorisés, est un handicap qui affecte leurs chances d'intégration. Touchés de plein fouet par la crise socio-économique, ils sont par ailleurs stigmatisés par l'opinion publique exigeant des progrès à court terme en matière de sécurité des personnes. Premières victimes de la violence, ces jeunes issus des quartiers défavorisés sont également considérés comme les principaux responsables de cette violence urbaine. Ce phénomène prend de l'ampleur en Europe.
Le Conseil « Jeunesse » a tenu un débat vendredi 19 novembre sur cette délicate et très actuelle question. Les délégations ont parlé de leur expérience en la matière et des initiatives prises dans leurs villes et banlieues afin d'apporter des réponses à cette situation. « La ville est un lieu de création et d'innovation. C'est aussi un lieu d'exclusion sociale (…) Quand on réfléchit à l'avenir de l'Europe, il faut réfléchir à l'avenir dans les grandes villes », a souligné le ministre belge Pascal Smet. « L'avenir de nos villes dépend de l'intégration de ces jeunes », a poursuivi la commissaire responsable des questions jeunesse, Androulla Vassiliou. Il faut les impliquer dans le dialogue et mettre en exergue les acquis qu'ils peuvent tirer de méthodes d'apprentissage non conventionnelles. Cette démarche permettrait à ces jeunes d'avoir une meilleure confiance en eux dans un objectif ultérieur d'insertion professionnelle, a indiqué la commissaire. Les ministres ont souligné pour la plupart le danger de généraliser la situation et la nécessité de prendre en compte les besoins de chaque groupe de jeunes. Des programmes musicaux, des compétitions sportives, des programmes éducatifs et ludiques sont autant de mesures efficaces pour intégrer les jeunes dans des communautés qui véhiculent des valeurs positives. Les ministres ont souligné l'importance de l'animation socio-éducative (à propos de laquelle ils ont adopté une résolution) et salué les efforts des animateurs. Les jeunes en zone urbaine doivent avoir des espaces qui leur sont consacrés. Ils doivent aussi être représentés et leur voix doit pouvoir être entendue. Reconnus, ils auront davantage envie de s'en sortir et de participer à la vie citoyenne. (I.L.)